Ingérences en RDC: la majorité présidentielle s’insurge

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Le récent plaidoyer des évêques catholiques auprès du chef de l’Etat zambien, Edgar Lungu, en sa qualité de président de l’organisation sous-régionale, n’est pas bien digéré par le pouvoir qui l’estime inopportun.

La requête de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), adressée le 7 septembre au chef de l’Etat zambien et chairman de la troïka de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) sur la politique, défense et sécurité n’a pas été du goût du pouvoir en place.

Alors que l’épiscopat catholique espérait, à travers cette démarche, obtenir de l’organisation sous-régionale une sérieuse implication dans l’accompagnement du processus électoral en RDC, la majorité présidentielle juge la démarche plutôt inopportune. Elle l’a exprimée, le 26 septembre, par l’entremise de son porte-parole André-Alain Atundu, qui s’est confié à la presse.

Quand bien même l’épiscopat catholique, dans sa lettre adressée à Edgar Lungu, a suggéré à la SADC d’accompagner les parties prenantes au processus électoral en RDC à trouver le consensus, notamment sur la machine à voter, la majorité présidentielle ne trouve aucune consistance dans ce plaidoyer. Le porte-parole de cette famille politique a estimé que ce plaidoyer ne permet pas de conceptualiser la problématique du processus électoral.

Balayant d’un revers de main tous les points soulevés par les évêques en rapport avec les élections, Alain Atundu s’est précisément appesanti sur l’absence dans le fichier électoral d’empreintes digitales qui, selon lui, « n’est pas un élément susceptible de brouiller de façon absolue l’identité d’un électeur ». Ce, d’autant plus qu’il est avantageusement complété par d’autres critères qui, pris ensemble, concourent à l’identification d’un individu, écartant ainsi le risque de fraude.

Le porte-parole de la majorité présidentielle a qualifié d’insolite la démarche de la Cenco auprès du président zambien pour autant qu’elle « semble éloignée du combat du pape François contre les abus de pouvoir et de conscience de la part du clergé dans la vie sociale ». En effet, a soutenu Alain Atundu, « dans la lettre au peuple de Dieu, le pape François dénonce l’hypocrisie d’un style de vie différente de la proclamation de notre foi avec orgueil et autosuffisance ».

Poussant son indignation à l’extrême, il n’a pas manqué d’égratigner la caste ecclésiastique en ces termes : « La Cenco ne devrait pas réduire le peuple de Dieu à de petites élites qui construisent des projets politiques sans spiritualité (…) Cette attitude, pour le moins cynique, alliée aux excès de cléricalisme dénoncés par le pape François dans la lettre au peuple de Dieu, annule la personnalité du citoyen congolais, d’une part, et risque d’engendrer une scission déjà perceptible dans le corps ecclésial congolais, d’autre part ».

Enfin, concernant la prétendue influence de la coalition au pouvoir sur les décisions de la Commission électorale nationale indépendante, il l’a carrément démentie tout en regrettant qu’une institution religieuse réputée sérieuse puisse relayer de telles affirmations. « La manipulation des institutions par la majorité présidentielle ne repose sur aucun fait probant », a conclu Alain Atundu, visiblement écœuré par l’exploitation faite autour de ce qui tient lieu de simples rumeurs.

Source: http://www.mediacongo.net/

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