Inga 3: Pourquoi les immenses projets en Afrique sont-ils souvent financés par des fonds étrangers ?

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La RDC a signé un accord de développement pour le futur barrage géant Inga III. Deux entreprises, une chinoise et une espagnole sont engagées sur ce projet dont le coût est estimé à 14 milliards dollars.

Pourquoi les immenses projets en Afrique sont-ils souvent financés par des fonds étrangers ? La principale raison évoquée est souvent un déficit de ressources financières des Etats. Pour la construction d’un barrage comme Inga III en République démocratique du Congo, il faut par exemple un financement de 14 milliards de dollars.

Des fonds impossibles à réunir sur place sans aide d’entreprises étrangères. « Ce qui est dramatique n’est pas de chercher de l’argent à l’extérieur. C’est plutôt que les pays ne sont pas à la base du leadership de leurs projets. Lors qu’un projet est initié et réalisé par la Chine, en grande partie, vous payez trois fois le prix, parce qu’ils vous donnent à la fois les capitaux et le travail en amenant des travailleurs. Cela veut dire que c’est eux qui déterminent le prix, et ce n’est pas normal. Si jamais vous empruntez seulement de l’argent, c’est vous qui décidez à quoi vous allez affecter cet argent, car vous en êtes responsables, et vous allez donc faire des ouvrages aux prix qu’il faut », souligne l’économiste congolais Al Kitenge.

Des projets hydroélectriques réalisés entre différents pays

C’est le cas par exemple de celui de Rusumo dans l’est du Rwanda. Le barrage devra servir trois pays : le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie. On pourrait donc penser qu’il est dans ce cas plus simple de réunir l’argent. Mais les 461 millions de dollars nécessaires pour achever les travaux de construction du barrage sont attendus de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement.

« Chaque pays a une assemblée législative. Donc, toute consultation, tout accord qui doit être fait doit être entériné par ces assemblées où l’on a deux parties qui prennent des décisions politiques. Certains sont pour la collaboration, mais d’autres pensent que les ressources leur appartiennent, et qu’ils ne doivent pas les partager. Donc, il y a une volonté politique qui manque le plus souvent », explique l’économiste guinéen, Amadou Thierno Diallo.

Par ailleurs, ces projet ne posent pas que des problèmes d’argent. La question environnementale a aussi souvent été au centre des discussions. Des organismes de protection de l’environnement avancent l’argument de la destruction de cet environnement en cas de grands projets engendrés par les travaux de construction des barrages.

Source: http://www.mediacongo.net/

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