Inga 3 : L’entreprise du président du Réal de Madrid impliquée dans le projet

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Pour relancer le projet de construction de Inga 3, le gouvernement a choisi la société espagnole « Actividades de Construccion y Servicios » (ACS), propriété du président du Réal de Madrid, Florentino Perez, et le consortium chinois « China Three Gorges ». Les deux entreprises ont proposé une offre conjointe le 6 juin dernier pour la concrétisation du projet avec un coût estimé à 13,9 milliards de dollars Usd.

A l’occasion de « DRC Mining week » qui se tient dans la ville de Lubumbashi, Bruno Kapandji, directeur de l’agence de développement et de barrage du projet grand Inga, a déclaré que les travaux de construction devraient débuter cette année et durer « de 5 à 7 ans ». « Les deux sociétés espagnoles et chinoises se sont mises d’accord pour créer un consortium unique. Elles ont confirmé la construction d’un barrage d’une capacité de 11.000 MW. Nous sommes en train de préparer le contrat de collaboration exclusive qui va permettre d’aller chercher des financements. Nous allons mettre en place la société de projet, qui aura des capitaux privés et publics », a déclaré Bruno Kapandji. Pour ce dernier, le projet a changé parce que la demande a changé, étant donné que le déficit énergétique de l’industrie minière est passé d’environ 500 mégawatts à 1 300 mégawatts au cours des années qui ont suivi la conception du projet. « Une fois la société concessionnaire établie, les promoteurs s’engagent à mobiliser les fonds pour achever le projet et l’exploiter », a fait savoir Bruno Kapandji.

Inga 3, un projet pharaonique qui traîne

La RDC envisage de construire Inga 3 depuis plus d’une décennie afin de prendre le relais des barrages Inga 1 ( construit en 1972) et Inga 2 (1982) dans la province du Kongo-central et aussi remédier à une pénurie d’électricité qui a freiné la croissance de l’industrie minière. Un accord signé en 2013 prévoyait que Inga 3 exporterait 2 500 mégawatts d’électricité en Afrique du Sud. L’usine ferait partie d’un complexe hydroélectrique plus grand couvrant une partie du fleuve Congo et produirait jusqu’à 50 000 mégawatts une fois achevée, selon la Banque mondiale. Cette dernière, en juillet 2016, avait suspendu le financement d’Inga 3 suite à la décision du gouvernement congolais de mener le projet dans une direction différente de celle convenue avec elle en 2014. C’est ainsi que l’année dernière, le gouvernement congolais avait demandé à « Actividades de Construccion y Servicios » et « China Three Gorges  de travailler ensemble et de soumettre une offre conjointe pour construire et gérer Inga 3. La prochaine phase du projet devait initialement produire 4 800 mégawatts. Le potentiel de la RDC est estimé à 100.000 MW/an et le pays ne produit que 3.000 MW/an

ACS, une société controversée

L’entreprise ACS, indique le site du quotidien la Libre Belgique, est accusée par Greenpeace Espagne de porter gravement préjudice à l’environnement dans le contexte d’un autre projet hydroélectrique au Guatemala.  Selon Greenpeace, la société Cobra, filiale d’ACS, est en train de construire un barrage de 336 MW qui va réduire de 90% le débit du rio Cahabón et affecter ainsi 30 000 indiens mayas. Par ailleurs, selon le quotidien madrilène “El Mundo”, la société ACS a été citée dans le cadre d’une enquête pour corruption. En outre, indique lalibre.be, une société espagnole du consortium proInga formé autour d’ACS, dénommée Eurofinsa a fait également l’objet d’enquêtes en 2013 de la part de la justice espagnole, soupçonnée d’avoir voulu influencer un appel d’offres de l’Institut des Routes d’Angola, relatif à un contrat de 300 millions d’euros

Source: http://www.mediacongo.net/

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