Industrie forestière : les acteurs du secteur à la recherche de meilleures performances

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La chaîne de valeur du secteur forestier au Congo est encore sous exploitée.  Un mécanisme d’analyse mis en place explore des pistes pour tenter de rattraper un manque à gagner estimé à près de 100 milliards FCFA.

Industrie forestière : les acteurs du secteur à la recherche de meilleures performancesLa chaîne de valeur du secteur forestier désigne les interactions des entreprises entre elles sur la sphère de production et les marchés, ainsi qu’avec les parties prenantes (ONG, société civile, donateurs, etc.), les régulations gouvernementales et des arrangements, les normes et standards relatifs au processus de production et de distribution.

L’ONG WWF-France en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation a initié le mercredi 19 juillet dernier, à Brazzaville, un atelier d’évaluation de la chaîne de valeur de la foresterie durable dans les pays REDD+ du Bassin du Congo.

Ces assises ayant réuni des forestiers, des techniciens du ministère, la société civile et les partenaires, visent à examiner la cartographie de la chaîne de valeur de la foresterie durable en République du Congo, les obstacles ou goulots d’étranglement, les atouts et les indicateurs de suivi de la durabilité de cette chaîne de valeur.

Pour Jean Bakouma, expert de WWF-France, il s’agit d’une approche plus large qui se prolonge par la quantification des flux physiques de produits et les flux en valeur ainsi que les segments stratégiques. Cette approche implique également une démarche de clarification des relations entre les acteurs et leur coordination, d’identification des leaders et des suiveurs.

Trois marchés ciblés

En effet, le secteur forestier au Congo à l’instar des pays autres pays du Bassin du Congo est fortement modelé par la demande du marché local, du marché transfrontalier et des marchés internationaux. Au total trois principaux marchés impactent la dynamique de la chaîne de valeur du secteur forestier au Congo : le marché asiatique, le marché européen et le marché africain.

Cette cartographie présentée mercredi par l’expert de WWF-France a été analysée suivant la collecte des données sur les flux physiques, les flux monétaires, le nombre d’entreprises dans la chaîne, la création de revenus, les coûts et leur répartition ainsi que l’emploi inclusif ou par genre.

 « L’évaluation de la chaîne de valeur estimée à 121 millions d’euros ne prend pas en compte les produits de deuxième et troisième transformation, ni les produits forestiers non ligneux. Contrairement à la chaîne en volume, la chaîne de valeur en reflète la même configuration qu’en volume », explique Jean Bakouma.

Les autorités congolaises restent, quant à elles, optimistes sur la démarche plus « holistique » engagée. « La chaîne de valeur de foresterie durable au Congo nous offre un cadre de réflexion approprié », a déclaré Marcel Moukissi, le conseiller à l’économie forestière, ajoutant que ces assises devraient donc conduire à amplifier le rôle de l’Etat et de l’administration.   

Des insuffisances en matière de gouvernance 

Les incohérences dans les arrangements institutionnels et leur application constituent, d’après les experts, un réel problème en matière de gouvernance forestière en République du Congo. Aussi, l’absence des règles claires fait que le secteur industriel a beaucoup de mal à cerner la stratégie nationale d’industrialisation du bois.

Cette même stratégie nationale est pointée du doigt par le rapport de l’expert en ce qu’elle constitue une menace aux efforts de foresterie durable « si l’affectation des terres ne se fait pas dans le cadre d’une utilisation responsable des terres », précise l’expert de WWF-France.

S’ajoutent à ces insuffisances en matière de gouvernance l’inefficacité de la production industrielle ; la parafiscalité et les coûts de transaction ; y compris l’accès aux marchés européens par la certification RBUE ayant provoqué l’augmentation des exportations sur le marché asiatique et africain.

 

Légendes et crédits photo : 

Les participants

Source : adiac-congo.com

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