Human Rights Watch : « les sanctions de l’UE contre Shadary et consort doivent être maintenues »

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Ce mardi 4 décembre 2018, Ida Sawyer, la directrice adjointe de la division Afrique de l’ONG Human Rights Watch (HRW), a publié une lettre adressée aux états membres de l’Union Européenne appelant au maintien des sanctions contre certains hauts dignitaires du régime du président Joseph Kabila et notamment celles contre son dauphin, Emmanuel Shadary Ramazani.

Expliquant les tenants et les aboutissants de ces sanctions qui, d’après la directrice adjointe de la division Afrique de HWR, « ont manifestement joué un rôle crucial pour convaincre le président Kabila de s’engager à organiser des élections pour son successeur » mais dont une levée éventuelle signifierait, de son point de vue, que « l’UE tolère l’impunité et encourage purement et simplement les hauts responsables et autres proches de Kabila à poursuivre leur répression violente. »

Selon son analyse, il lui semble que la « RD Congo se dirige vers des élections chaotiques, répressives et frauduleuses » qui manifestement ne  seront en réalité qu’« un simulacre d’élections dans lesquelles le candidat soutenu par Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary – lui-même sanctionné par l’UE – sera favorisé de manière injuste. »

D’où l’exercice d’une « pression soutenue de la part de l’UE » est plus que jamais nécessaire afin que « [..] tous les Congolais puissent exercer leurs libertés de réunion et d’expression pacifiques, de voter librement, et de garantir la transparence et la confiance dans les procédures de vote et de dépouillement », et que cette « reconduction des sanctions ciblées de l’UE contre les hauts responsables congolais impliqués dans la répression violente de ces dernières années montreraient que les réactions contre une telle répression persisteront jusqu’à ce que les abus cessent et soient dûment traités », écrit la directrice adjointe de la division Afrique de HWR.

Dans sa correspondance, Ida Sawyer a affirmé, par ailleurs, que non seulement l’UE devait maintenir ces sanctions, mais elle devrait même penser à les étendre sur « Joseph Kabila et d’autres hauts responsables pour un environnement propice à la tenue d’élections crédibles » afin de forcer le régime en place à prendre certaines mesures telles que : la libération des prisonniers politiques et activistes détenus et d’ autoriser ceux en exil à rentrer chez eux; mettre fin aux arrestations arbitraires ; permettre à tous les dirigeants politiques et activistes de la société civile de se réunir, s’organiser, se déplacer et faire campagne librement; etc.

Quant au cas bien particulier du dauphin de Joseph Kabila, Emmanuel Shadary, pour Ida Sawyer, que le dauphin de Joseph Kabila soit candidat à la présidentielle ou pas, ne change en rien le fait que le concerné ait été auteurs de graves violations des Droits de l’Homme en  jouant un rôle crucial dans les violences au Kasaï, et « notamment en supervisant les services de sécurité et de renseignement en tant que ministre de l’Intérieur et de la Sécurité lorsque les experts de l’ONU ont été assassinés et lors de la dissimulation par le gouvernement qui a suivi » ainsi que « […] dans l’usage excessif de la force par les forces de sécurité lors de la répression contre des membres de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo (BDK) dans les provinces de Kinshasa et du Kongo Central », déclare-t-elle  

La directrice adjointe de la division Afrique de HWR craint qu’avec une levée des sanctions et Shadary au pouvoir, il y ait un risque de continuité dans la répression puisque, selon elle, « Shadary, Boshab et Mende, qui sont toujours des membres influents du PPRD, pourraient porter une part de responsabilité dans la répression gouvernementale et dans d’autres exactions commises après leur départ du gouvernement. » et qu’entre-temps, ils continuent « de jouer un rôle de premier plan en tant que membres du groupe officieux d’environ 20 responsables chargés de la mise en œuvre des stratégies visant à maintenir le régime au pouvoir, notamment au sein des services de sécurité et de renseignement…» et que des « critiques publiques de responsables gouvernementaux » et notamment envers Shadary « sont régulièrement suivies de harcèlement, de menaces et d’arrestations.» 

Dès lors, selon Ida Sawyer, si l’UE décidait de lever ces sanctions, ce serait un mauvais signal car cela voudrait signifier que l’UE est pour l’impunité puisque tous les responsables des exactions commises par le passé n’ont pas encore « eu à répondre de leurs actes. »

Source: http://www.mediacongo.net/

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