Hôpitaux publics : bientôt du service minimum à la grève totale !

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Les hommes en blouse blanche, qui se sont mis en « service minimum » depuis mai dernier en RDC sont sur le point de radicaliser leur position cette semaine si le gouvernement ne répond pas à leurs revendications sociales avec, à la clé, la révision de leur barème de rémunération au regard de la dépréciation de la monnaie locale.

Hôpitaux publics : bientôt du service minimum à la grève totale !Jusqu’à ce jour, le service minimum continue à être observé dans les formations médicales créant, de ce fait, un dysfonctionnement dans la prise en charge des malades. Dans les différentes structures sanitaires de la capitale, l’ambiance est plutôt incommodante. Le personnel médical ne fait plus montre d’empressement pour secourir des patients obligés de faire avec un rythme de travail auquel ils ne sont pas habitués. Il faut débourser gros ou encore user du trafic d’influence pour bénéficier de l’attention des médecins du reste indisponibles lorsque leur service est attendu. D’un pied lourd, ces hommes en blouses blanches, n’ayant visiblement pas le cœur à l‘ouvrage, ne restent que le temps d’une consultation dans leurs cabinets, préférant bosser dans des structures privées dont ils sont responsables ou engagés à temps partiel. 

Depuis le mois de mai où le mouvement de grève a été enclenché, nombreux sont les médecins qui ont plié leur bistouri au grand dam des malades livrés à eux-mêmes. Pire, la tendance est de passer carrément du service minimum à la grève totale qui verrait les hôpitaux, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, fermer leurs portes. Il y a de quoi redouter une telle éventualité dans la mesure où c’est la population qui va en pâtir. Mais, sur le terrain, le gouvernement ne donne suffisamment pas de garanties censées rassurer sur sa bonne foi dans la prise en compte des revendications des médecins. Celles-ci vont de la révision du barème de rémunération au regard de la dépréciation de la monnaie face aux autres devises à la réintégration des médecins injustement élagués des listes de paie depuis un an ou six mois, en passant par la poursuite du « processus de la bancarisation de la paie des médecins ». En un mot, les médecins réclament l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles et, plus spécialement, dans les zones à risque.

Toutes ces revendications sont restées lettre morte au point de susciter quelques interrogations au regard surtout de l’immobilisme du gouvernement qui paraît ne pas prendre la mesure véritable de l’enjeu. Entre-temps, le dialogue engagé entre les représentants de l’exécutif national et les syndicalistes est loin d’aboutir. Les discussions sont toujours au point mort. Ce qui n’arrête d’irriter les médecins qui, chaque jour qui passe, font l’expérience amère de la misère dans leurs foyers. Désargentés, paumés jusqu’à la moelle, ils se sentent révoltés face à une situation sociale qui est loin de refléter leur statut social dans un pays qui ne leur accorde pas la place qu’ils méritent. La crispation est telle que les deux syndicats les plus en vue, en l’occurrence le Syndicat national des médecins (Synaméd) et le Syndicat des médecins de la RD-Congo (Syméco) ont résolu d’unir leurs forces pour avoir gain de cause dans leur quête du mieux-être. Les deux structures peaufinent d’ores et déjà des stratégies visant à renforcer davantage les modalités de la grève. « Dans le cas de nos affiliés, tous vont rentrer en grève radicale d’ici une semaine si le gouvernement ne répond pas à nos revendications », a prévenu le Dr Benjamin Bola, secrétaire exécutif du Syméco pour la ville de Kinshasa. Dossier à suivre.     

Légendes et crédits photo : 

Hôpital de référence de Kinshasa (ex Mama Yemo)

Source : adiac-congo.com

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