Gouvernement : vivement un informateur

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A l’Assemblée nationale, on n’est plus loin d’un retour à la case départ, c’est-à-dire la nomination d’un informateur pour identifier la nouvelle majorité d’où sortira le Premier ministre. A la base, il y a bien entendu le départ de l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo du FCC. Le rapport de force a terriblement changé. Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier ministre nommé depuis le 20 mai 2019, pourrait se retrouver sans une base politique évidente. Identifier la nouvelle majorité parlementaire devient plus qu’indispensable. Le FCC le redoute mais, c’est au chef de l’Etat, garant de l’équilibre des institutions, de trancher.

En prenant la décision d’exclure à « durée indéterminée » l’AFDC-A de Modeste Bahati, le Front commun pour le Congo (FCC) n’a pas visiblement mesuré les conséquences politiques qui pouvaient en découler. Cette exclusion intempestive a fondamentalement changé la donne à l’Assemblée nationale. La majorité parlementaire, composée jusqu’alors entre le FCC de Joseph Kabila et le CACH de Félix Tshisekedi en a pris un sérieux coup. En réalité, tout doit être revu. Il s’agit d’identifier une nouvelle majorité parlementaire d’où est censé provenir le prochain Premier ministre.

Qu’en sera-t-il alors de celui nommé le 20 mai 2019, en l’occurrence le professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba ? Difficile à dire pour l’instant. Il faut craindre néanmoins que le professeur ne soit sacrifié sur l’autel politique, si jamais les équilibres de forces en présence à l’Assemblée nationale le commandaient.

En tout cas, pour l’instant, les lignes sont en train de bouger à l’Assemblée nationale. Conscient de la grande vague qui secoue ses rivages, la coordination du FCC, représentée par Néhémie Mwilanya, a réuni lundi à Kinshasa les présidents des regroupements membres de la famille politique de Joseph Kabila. Il y a visiblement panique à bord. Le FCC cherche à consolider ses digues pour ne pas succomber à la pression exercée par le départ de Modeste Bahati. Mais, hélas !

A vrai dire, identifier la nouvelle majorité à l’Assemblée nationale devient une nécessité. Bien plus, c’est le passage obligé pour l’équilibre du gouvernement. Ce qui relance la question de la nomination d’un informateur.

On sait que le FCC a toujours redouté cette voie. Malheureusement, l’évolution de l’actualité s’impose à tous. Dans la mesure où aujourd’hui, les forces politiques qui composent la majorité parlementaire actuelle ou d’hier (c’est selon) ne sont pas épargnées par le tsunami AFDC-A. Le FCC en est sorti diminué. Boniface Balamage, président de l’AAB, a déclaré lundi à Goma que son regroupement politique devenait la deuxième force politique du FCC après le départ de l’AFDC-A. C’est tout dire et l’on devrait en tirer toutes les conséquences.

Chassez le naturel, il revient au galop

Au regard du scénario politique qui se profile à l’horizon, l’on est poussé à reconnaître que la tendance est au retour à la case départ. Tout devrait être recomposé sur la base de nouveaux échafaudages. Même si, de tout temps, le FCC s’était toujours farouchement opposé à la nomination d’un informateur. Ce qui va à l’encontre de l’article 78 de la Constitution. Cette opposition du FCC en son temps a été telle que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, s’était abstenu de nommer un informateur pour identifier au préalable la majorité à l’Assemblée nationale. Conséquence de cette violation de la disposition constitutionnelle en la matière : Sylvestre Ilunga Ilunkamba, estampillé PPRD, a été nommé Premier ministre le 20 mai 2019, sur la base d’une majorité revendiquée sur papier par le FCC.

Le FCC connaît des soubresauts internes malgré des apparences qui ne convainquent pas. Tout est à refaire. Les fondements de la majorité parlementaire dont il s’est toujours prévalu viennent d’être secoués. L’ignorer reviendrait à faire de la masturbation politique. Le chef de l’Etat, le seul moyen de s’en convaincre, est de revenir à la case départ, c’est-à-dire nommer un informateur pour identifier la nouvelle majorité et, par après, procéder à la confirmation d’Ilunga Ilunkamba ou à la nomination d’un nouveau Premier ministre, tel que se présente la nouvelle carte politique de l’Assemblée nationale.

Décidément en RDC, l’histoire politique nous réserve bien des surprises.

Source: http://www.mediacongo.net/

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