Fraude minière au Sud-Kivu : Graves révélations du CEEC sur Abbas Kayonga

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Le Coordonnateur de la Commission nationale de la lutte contre la fraude minière et Directeur Adjoint du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), Pascal Nyembo, a accusé Marcellin Chisambo, ex-gouverneur de la province du Sud-Kivu, d’avoir confié à Abbas Kayonga, la responsabilité de lutter contre la fraude minière dans cette province. Il a livré cette  grave accusation lors d’une conférence de presse tenue le vendredi  10 novembre dernier à Kinshasa.

Cette conférence de presse  avait pour but d’éclairer l’opinion sur l’affaire Abbas Kayonga, que d’aucuns ont qualifié de coordonnateur  provincial de la Commission de lutte contre la fraude minière au Sud-Kivu. « En ma qualité du Coordonnateur de la commission nationale de la lutte contre la fraude minière, je tiens à préciser que Monsieur  Abbas Kayonga n’a jamais était membre de la Commission de lutte contre la fraude minière au Sud-Kivu », a précisé Pascal Nyembo.

Il a ajouté que tous les coordonnateurs provinciaux sont nommés par lui–même, pas par les gouverneurs de province. Mais s’agissant du cas Kayonga, l’homme a signalé que  la commission nationale de la lutte contre la fraude minière le soupçonnait de faciliter la sortie frauduleuse  des minerais de la RDC vers le Rwanda. « Nous travaillons dans la discipline, il faut que la justice congolaise soit éclairée par rapport à ce monsieur », a martelé le numéro 1 de la commission nationale de la lutte contre la fraude minière sur un ton ferme.

Marcelin Chisambo indexé

Pour Pascal Nyembo, Abbas Kayonga, nommé par l’ancien gouverneur du Sud-Kivu Marcellin Chisambo, travaillait pour les intérêts de son patron et non pour le Trésor public.  Nyembo a précisé également que  la commission qu’il dirige n’est pas un service de l’Etat, mais l’ensemble des services de répression, comprenant le Parquet Général de la République, le cabinet du Chef de l’Etat, les ministères de l’Intérieur, des Mines …en vue de lutter contre la sortie frauduleuse des minerais de la RDC vers d’autres pays.

Pour rappel, Abbas Kayonga qui se prétendait comme le  responsable du Service antifraude, a été suspendu le 2 novembre par le gouverneur Claude Nyamugabo pour tracasseries. Il s’est rendu le dimanche 5 novembre passé aux militaires de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo (MONUSCO). Tout est parti  d’un échange des tirs d’armes aux quartiers Nguba et Muhumba dans la commune d’Ibanda à Bukavu, au Sud-Kivu, quand les FARDC ont tenté de désarmer la garde et l’escorte d’Abbas Kayonga. Cette altercation a occasionnée des blessés et la panique dans la ville de Bukavu.

Auparavant, des agents de l’ordre,  avaient été envoyés à la résidence de  Kayonga pour identifier les personnes armées déployées autour de sa maison et vérifier l’origine des armes que ces hommes détenaient.  C’est ainsi que le Coordonnateur national de la commission nationale de la lutte contre la fraude minière , Pascal Nyembo, a tenu à s’entretenir avec la presse à Kinshasa, pour couper court aux spéculations.

Un organe stratégique pour stopper la fraude minière en RDC

Conformément à l’Arrêté Interministériel N°0719/CAB.MIN/MINES/01/2010 et N°140/CAB.MIN/INT.SEC/2010 portant création , Organisation et fonctionnement de la Commission Nationale de Lutte Contre la Fraude Minière, celle –ci joue un grand rôle de concevoir , mettre en œuvre et d’assurer le suivi de l’exécution des mesures pratiques de collaboration  sur le terrain entre les services et organismes publics ayant dans leurs attributions la lutte contre la fraude et la contrebande dans le secteur des mines.

Elle élabore des stratégies  ainsi que des plans opérationnels d’ensemble ou spécifique pour rechercher et détecter tout lot ou chargement des substances minérales ou produits miniers marchands en fraude. La Commission que dirige Pascal Nyembo assure le suivi de la mise en exécution des actions de lutte contre la fraude et la contrebande menées conformément aux stratégies et plans opérationnels. Elle constitue la banque de données pour faciliter l’élaboration des stratégies de lutte contre la fraude intra et transfrontalière des substances minérales et des produits miniers marchands.

Selon les dispositifs légaux de cet arrêté interministériel, la  Commission Nationale de Lutte Contre la Fraude Minière formule des recommandations au gouvernement de la RDC, pour l’amélioration des mécanismes légaux et réglementaires en vigueur  en matière de lutte contre la fraude et la contrebande dans le secteur des Mines ; mais aussi proposer des mesures incitatives et coercitives concourant à la lutte contre la fraude et la contrebande minières.

Des guichets unique de traçabilité à Kolwezi et Lubumbashi

Le Coordonnateur national de la Commission Nationale de Lutte Contre la Fraude Minière a installé  des guichets uniques de traçabilité à Kolwezi, chef-lieu de la province de Lualaba et à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga en vue d’assurer la gouvernance dans le secteur minier. Il y a délivré le premier certificat d’exportation après les signatures des services habilités dans cette chaîne de traçabilité à savoir la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office congolais de contrôle (OCC), les Divisions des Mines.

Avec l’ouverture de ce guichet unique de traçabilité à Kolwezi et Lubumbashi, les opérateurs miniers ont moins de dépenses à effectuer, moins de temps à passer pour le traitement et la livraison rapide des dossiers des matières précieuses à exporter et la canalisation des recettes  dans les comptes du trésor publique. Notons que les statistiques en matière de lutte contre la fraude minière en RDC  font état d’une évolution positive ces dernières années.   S’agissant du territoire de Masisi, Pascal Nyembo travaille avec la notabilité pour que la population de ce coin puisse profiter de leurs minerais.

En sa qualité du Coordonnateur national de la Commission Nationale de lutte contre la Fraude minière, Pascal Nyembo dit ne pas permettre à ce que les minerais de la RDC puissent traverser frauduleusement vers le Rwanda et l’Ouganda.

Source : Media Congo

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