Formation du gouvernement: le suspense tire en longueur

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Le tout premier exécutif du quinquennat de Félix Tshisekedi se fait toujours attendre, donnant quelques signes de lassitude à l’opinion interne.

Ceux qui avaient cru que les choses pouvaient aller très vite, au lendemain de la prestation de serment, le 24 janvier, du président de la République nouvellement élu, sont obligés de prendre leur mal en patience. En effet, plusieurs difficultés s’amoncellent déjà sur la voie de la formation du prochain gouvernement, à commencer par l’attente de la publication, par la Cour constitutionnelle, des résultats définitifs des législatives nationales du 30 décembre 2018, après examen des derniers recours en contestation introduits par des candidats lésés. Pour l’heure, la chambre basse du parlement compte à peine quatre cent quatre-vingt-cinq députés nationaux sur les cinq cents sièges à pourvoir. Les quinze sièges restants devraient être complétés par les élus de Beni ville, Beni territoire et Yumbi, au terme des législatives nationales et provinciales que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) se propose d’organiser le 31 mars.

Cela étant, le bon sens voudrait qu’on ne puisse pas former un gouvernement sans avoir une cartographie complète de la configuration de l’Assemblée nationale. Pour ce faire, l’examen des recours se poursuit à la Haute Cour, en plus de l’organisation  des législatives dans les trois territoires et ville précités. La Cour constitutionnelle qui, selon la loi électorale, dispose de soixante jours pour traiter les différents cas de recours avant de rendre son arrêt, pourrait vraisemblablement aller jusqu’au mois d’avril, le délai prenant effet à partir du 12 janvier, date de la publication des résultats provisoires par la Céni.

D’où le blocage observé actuellement, à en croire maints analystes qui estiment que, dans sa quête de former un gouvernement véritablement inclusif, Félix Tshisekedi est obligé d’attendre que les jeux soient clairs à la chambre basse du parlement, quand bien même la « Kabilie » revendique déjà la majorité avec plus de trois cents députés élus. Et dans un contexte où la vacance de certains sièges est constatée, il serait hasardeux pour l’informateur de dénicher une majorité parlementaire précise en faisant fi des élus de Beni, Butembo et Yumbi qui ont, eux aussi, voix au chapitre dans la formation du gouvernement.

A propos de cet informateur que le chef de l’Etat est appelé à nommer afin de dégager la majorité parlementaire avec laquelle il va travailler, les violons ne s’accordent toujours pas entre le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap sur le changement, les uns n’y voyant aucune opportunité étant entendu que la majorité s’est déjà constituée au terme des élections du 30 décembre, les autres estimant qu’il s’agit là d’un impératif légal auquel l’on ne peut déroger.

Une chose est sûre, la formation du gouvernement du premier quinquennat de Félix Tshisekedi n’est pas pour demain, quand bien même une certaine opinion pense qu’il faille considérer le nombre des députés nationaux présents et composer avec eux au nom du jeu démocratique qui tient compte de la majorité. Une approche qui a du mal à passer particulièrement dans le camp du FCC.  Entre-temps, les jours passent avec un exécutif national expédiant les affaires courantes certes, mais qui tient encore le bon bout.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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