Formation du gouvernement : Félix Tshisekedi prêt à nommer un informateur

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En visite de travail à Windhoek où il a rencontré, le 27 février, la diaspora congolaise établie dans cette capitale namibienne, le président de la République a dévoilé son intention de nommer un informateur pour identifier la majorité parlementaire, mettant ainsi fin à la polémique créée autour de l’opportunité ou non d’appliquer cette disposition constitutionnelle.

En visite de travail de quarante-huit heures en Namibie, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a fait une série d’annonces qui n’ont pas manqué de faire tâche d’huile.

Arrivés le 26 février dans la capitale namibienne, le chef de l’Etat congolais et sa délégation ont d’abord été reçus au Palais présidentiel où un dîner leur a été offert avant l’entrevue avec les investisseurs et la diaspora congolaise installée en Namibie. Cette dernière rencontre aura particulièrement marqué le séjour de Félix Tshisekedi à Windhoek, vu qu’il s’est ouvert à ses compatriotes qui tenaient à en savoir un peu plus sur sa gouvernance. L’occasion était toute belle pour le successeur de Joseph Kabila de lever certains équivoques ayant trait à son avènement à la tête de la magistrature suprême, question de rassurer sur son obstination à travailler pour le bien-être des Congolais et pour des changements profonds en République démocratique du Congo.       

Devant des dizaines des Congolais suspendus à ses lèvres, Félix Tshisekedi a survolé quelques-unes de ses promesses de campagne qu’il entend matérialiser dans un bref délai, à l’instar de la libération des prisonniers politiques et de la  réforme de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Alors que d’aucuns ont déjà commencé à piaffer d’impatience, le chef de l’État s’est voulu rassurant sur ces deux dossiers. « Dans les jours qui viennent, je peux vous dire que tous les prisonniers politiques seront libérés selon évidemment leurs cas, parce qu’il y en a qui peuvent bénéficier de la grâce présidentielle immédiatement, et d’autres, rien qu’avec leurs procédures, elles peuvent être levées et leur obtenir la libération. En tout cas, ce qui est certain, c’est que tous les prisonniers qui sont retenus pour des raisons politiques dans les prisons du pays seront libérés dans les jours prochains », a-t-il assuré.

Quant à l’ANR qui dépend directement de la présidence, il s’est engagé à lui donner un visage plus humain pour qu’elle cesse d’être la police politique tant redoutée. « J’ai d’ores et déjà donné l’instruction pour que tous les cachots de ces services soient fermés, et qu’on ne puisse plus retenir des individus dans ces endroits uniquement à cause de leurs opinions politiques », a-t-il indiqué.     

Nomination imminente d’un informateur     

Au plan strictement politique, Félix Tshisekedi était attendu notamment sur la question relative à la formation du gouvernement dont la publication conitinue d’être attendue, plus d’un mois après son investiture. A l’en croire, les choses devraient aller très vite dès son retour à Kinshasa. « Très vite dans les jours qui viennent, nous devrons avoir un gouvernement », a-t-il laissé entendre, tout en martelant sur le fait qu’il va nommer incessamment un informateur qui pourra identifier la majorité parlementaire en vue de la formation de ce gouvernement. Une annonce qui met fin à la polémique créée autour de l’opportunité de nommer ou non un informateur dès lors que la majorité s’est clairement dégagée au terme des législatives nationales.

Revendiquant trois cent quarante-deux députés à l’Assemblée nationale, le Front commun pour le Congo (FCC) avait estimé que la nomination d’un informateur devenait sans objet. «  (…) Est-il qu’il y a une majorité qui prétend être une majorité mais on attend l’identifier comme il se doit », a répondu Félix Tshisekedi. Cette étape passée, la suite portera, a-t-il dit, sur des discussions politiques avec le FCC de Joseph Kabila sur la gouvernance du pays. Ce qui donnera lieu à une coalition qui, a-t-il ajouté, sera différente de celles qu’on a toujours connues. « C’est une coalition qui ne va pas se passer comme on a toujours vu dans d’autres pays où on fait juste des arrangements pour occuper des postes ministériels et on s’en fout du reste. Non, ici tout se fera dans la transparence. Nous allons avoir un programme du gouvernement qui sera présenté à nos compatriotes et ce programme sera à tout moment évalué et des comptes seront rendus à notre peuple par rapport à l’avancement des choses », a-t-il ajouté.

Dans la foulée, Félix Tshisekedi a exhorté ses compatriotes établis en Namibie à ne pas se laisser manipuler par des pseudo-analystes qui leur font croire que  l’alternance intervenue au pays n’est que de façade ou serait le fait d’un changement arrangé, où Joseph Kabila tiendrait toujours les manettes de la gestion du pays. « C’est totalement faux », a martelé Félix Tshisekedi tout en affirmant qu’il n’acceptera pas d’être un président « qui va régner sans diriger ».

Légendes et crédits photo : 

Félix Tshisekedi et son épouse lors du dîner offert au Palais présidentiel en Namibie

Source : http://www.adiac-congo.com/

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