Fin de l’exil : Moïse Katumbi de retour à Lubumbashi

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Après trois années d’un exil forcé en Belgique, l’ex-gouverneur du Katanga a finalement regagné le pays par Lubumbashi, ce lundi 20 mai comme annoncé.

C’est à bord d’un jet privé en provenance d’Afrique du Sud que le leader d’Ensemble pour le changement est rentré dans son pays, tout de blanc vêtu, en signe de paix. Il avait à ses côtés deux de ses fidèles collaborateurs, en l’occurrence, Olivier Kamitatu et Francis Kalombo, tous deux porte-paroles. Au bas de la passerelle, Gabriel Kyungu et Christian Mwando étaient aux premiers rangs pour accueillir le coordonnateur de la plateforme politique Lamuka. C’est sous des acclamations et des vivats que Moïse Katumbi est descendu de l’avion. L’aéroport international de la Loano, submergé par la foule compacte qui s’est agglutinée au pied de l’avion, avait du mal à contenir son monde. Presque toutes les sensibilités politiques et sociales étaient représentées pour donner un éclat particulier à ce qui passait pour un événement.

La multitude des drapeaux qui fendaient le ciel de Lubumbashi renseignait sur le niveau d’ancrage populaire dont bénéficie l’ex-opposant à Joseph Kabila. Les militants de l’Union des nationalistes fédéralistes du Congo, du Parti national pour la démocratie et le développement et de l’Union nationale de démocrates fédéralistes, tous affiliés à la plate-forme Ensemble, étaient particulièrement très en verve. Après les chaudes retrouvailles de l’aéroport, Moïse Katumbi a pris place à bord d’une jeep blanche qui s’est aussitôt ébranlée, à forte escorte, à travers la ville de Lubumbashi, saluant au passage ses nombreux partisans amassés tout au long du parcours. 

Ses premiers mots, à sa descente d’avion, ont été ceux de paix et de concorde nationale. « Je suis de retour chez moi et je remercie les autorités qui m’ont remis le passeport », a-t-il lancé avant de poursuivre : « Je reviens d’abord pour voir mes frères qui ont beaucoup souffert. Le plus important pour moi, c’est la population congolaise. Vous savez, la vérité est têtue, je n’ai rien fait et je me sens chez moi ».  Se sentant redevable vis-à-vis de la population congolaise qui l’a soutenu durant la dure épreuve de son exil, il promet d’effectuer bientôt une tournée dans toutes les provinces du pays « pour remercier la population congolaise et prêcher l’unité du pays ». Il s’agit, a-t-il dit, d’aller consoler ses frères. « J’étais en exil, eux ont vécu l’enfer en restant sur place, beaucoup de gens sont morts. Je veux aussi aller sur place pour défendre notre Constitution »,  s’est-il confié à la RTBF peu avant de prendre son vol. Toujours évasif quant à ses rapports avec Martin Fayulu qui, du reste, n’a pas effectué le déplacement de Lubumbashi préférant se faire représenter, Moïse Katumbi qui assume la présidence tournante de ce regroupement politique, pense faire une opposition républicaine et constructive. « Ce que nous cherchons, c’est la paix dans notre pays et que notre pays puisse aller de l’avant », a-t-il déclaré, conscient de la dissonance que charrie actuellement Lamuka.

La quête de la vérité des urnes défendue bec et ongle par Martin Fayulu semble de plus en plus se mettre en porte-à-faux avec la pondération affichée par Moïse Katumbi vis-à-vis du nouveau pouvoir à qui il doit son retour au pays. Et le leader d’Ensemble de nuancer pour ne pas froisser des susceptibilités : « Nous avons signé la charte de Lamuka, nous sommes tous des frères, nous avons la même vision dans Lamuka ».

 

Légendes et crédits photo : 

Moïse Katumbi

Source : http://www.adiac-congo.com/

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