Feuilleton de Brazzaville. Acte 6. Le Palais des congrès boulevard Alfred-Raoul

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Comme si Brazzaville avait à cœur de solder le contentieux de la décennie des guerres civiles qui endeuillèrent le Congo de 1993 à 2003. Il a été fait ériger, dans les jardins de la préfecture, un monument aux « victimes de l’intolérance politique ». On y découvre trois femmes mutilées et décapitées, le buste dénudé jusqu’à la taille. Triste, mais évocateur 

L’endroit choisi pour célébrer les héroïnes anonymes des exactions endurées par la population civile est symbolique à plus d’un titre. Il borde, en effet, le boulevard Alfred-Raoul, ex-boulevard des Armées, qui est le lieu exceptionnel où la République reprend son souffle, le 15 août, de chaque année, pour fêter le jour de l’indépendance nationale à travers un défilé civil et militaire solennel.

Aux abords du boulevard, est élevé le Palais des congrès que tutoie désormais le ministère des Affaires étrangères. Construite en 1984, la bâtisse demeure dans l’imaginaire collectif le siège de la Conférence nationale souveraine de 1991qui relança le processus démocratique dans le pays. Il est aussi le miroir des grandes cérémonies publiques. C’est ici que le président de la République du Congo a rendez-vous avec ses compatriotes et la communauté diplomatique : souvent pour délivrer son message sur l’état de la nation, parfois pour rendre hommage à un digne fils du pays disparu. Le Palais des congrès abrite, par ailleurs, diverses rencontres d’associations de la société civile, messes de réconciliation et conférences internationales. A ce titre, il garde jalousement son statut républicain.

Le 29 décembre 1999, c’est là que les enfants du pays, pris dans la tourmente de la guerre civile du 5 juin 1997, signèrent, sous la médiation du chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, les accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités. En 1994 y fut convoqué le Forum pour la culture de paix, en 2001 s’y tinrent les assises du Dialogue national sans exclusive.

André Milongo fut investi dans ses fonctions de Premier ministre de la transition post-conférence nationale au Palais des congrès, lorsqu’il bénéficia de l’onction de la Conférence nationale souveraine et s’adjugea les pleins pouvoirs pour quatorze mois, le 10 juin 1991. Avant lui, Denis Sassou N’Guesso, puis Pascal Lissouba, après lui, encore Denis Sassou N’Guesso, ont chacun prêté le serment solennel d’investiture en tant que président de la République du Congo en ces lieux.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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