Feuilleton AFDC-FCC : et si c’était une diversion ?

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Il ne se passe plus un seul jour sans que « le feuilleton » mieux le « bras de fer » au sein du Front commun pour le Congo (FCC) entre Bahati Lukwebo et Joseph Kabila pour la présidence du Sénat ne rapporte une nouvelle évolution dans la guéguerre entre l’AFDC-A, la plateforme politique dont Bahati est autorité morale et le FCC incarné par l’ex-président de la République Joseph Kabila qui se la joue en tireur des ficelles. 

Candidat déclaré à la présidence de la Haute Assemblée du parlement contre celui désigné d’autorité par Kabila en la personne d’Alexis Thambwe Mwamba comme il en fut le cas pour Ramazani Shadary à la présidentielle en 2018 et Jeannine Mabunda à la présidence de l’actuelle Assemblée nationale, Modeste Bahati n’est plus le bienvenu au sein de ce qui semble devenir bientôt son ex-famille politique.

Devenu un « homme » à abattre, il s’est d’abord vu désavoué par une poignée des soi-disant responsables de sa plateforme politique avant d’être appelé à tirer la conséquence de sa désobéissance contre Kabila en s’auto-excluant du FCC. Modeste Bahati, ministre d’État et ministre de l’Économie nationale a donc été exclu du FCC mardi 9 juillet. Les frondeurs contre lui s’étant vu eux-mêmes désavoués par une autre frange de leurs camarades demeurés fidèle au ministre sortant.

Dans une déclaration rendue public le 10 juillet 2019, la conférence des présidents des partis et personnalités politiques élargie aux sénateurs, députés nationaux et provinciaux du regroupement AFDC-A ; tous réaffirment « leur confiance » à Bahati.

« Tous ensemble, nous avons confirmé l’option prise le 2 juillet dernier et nous maintenons notre candidature pour la présidence du Sénat. Il s’agit d’une question de justice et d’application des textes. Ce texte dit qu’il faut tenir compte du poids politique de chaque parti et de chaque regroupement. Mais visiblement, au FCC, certains ont oublié ce texte. L’AFDC-A a 44 députés nationaux, 70 députés provinciaux, 13 sénateurs, 2 gouverneurs, 7 vice-gouverneurs et différents présidents d’assemblées provinciales. Il a fallu se battre pas à pas pour obtenir ces élus. Et contrairement au PPRD, l’AFDC ne disposait pas du soutien de la Ceni ou de la Cour constitutionnelle. Je peux le dire, ils nous ont piqués des élus. Nous avons donc décidé ce jour de reprendre notre liberté d’action. Nous demeurons dans la majorité mais nous allons former un groupe autonome. Désormais vous aurez, au sein de la majorité, le FCC, CACH et AFDC et Alliés », explique l’intéressé.

Dénonçant « le climat de haine, d’animosité et de règlements des comptes devenus un mode de gestion au sein du FCC », les responsables de l’AFDC-A annoncent « prendre acte de la suspension de leur chef de file du FCC, et que leur regroupement de l’AFDC-A reprend son autonomie totale vis-à-vis des institutions de la République, des associations de la société civile ainsi que d’autres regroupements et partis politiques » dont le FCC.

Et si tout ceci était une diversion ?

L’opinion se pose la question de savoir si les disputes actuelles entre l’AFDC-A et le FCC n’étaient qu’une diversion entre alliés de longue date et jusqu’à quand Kabila continuera-t-il de « tirer » les ficelles de la politique du pays alors qu’il n’en est plus président ?

Pourquoi désigne-t-il toujours les personnalités censées devenir les dirigeants des institutions du pays alors qu’il n’en a plus compétence ? Et surtout pourquoi les choix sur des individus controversées et sous sanctions internationales comme ce fut le cas d’Emmanuel Ramazani Shadary à la présidentielle et aujourd’hui Thambwe Mwamba à la tête du Sénat ?  

Et si tout ce qui se passe au sein du FCC n’était qu’une manière pour détourner l’attention du peuple sur les enjeux de l’heure plus importants pour la Nation. Sept mois déjà que le pays attend toujours un nouveau gouvernement bloqué dans les interminables discussions entre le CACH (Cap pour le changement) du nouveau président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo et le FCC (Front commun pour le Congo) de l’ancien président Joseph Kabila.

En attendant cette marmite qui bouillonne, il faudra se préparer à la déflagration qui risque de s’en suivre et dont personne ne saura calculer les conséquences pour le pays dans un avenir proche.

Source: http://www.mediacongo.net/

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