Festivités du 10 mai : Christiane Taubira en pédagogue de la loi du 21 mai 2001

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L’ancienne ministre française de  la Justice, auteure de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, était en fin de semaine dernière au collège Paul-Eluard de Brétigny-sur-Orge, en région parisienne, en France.

Christiane Taubira au lendemain des festivités du 10 mai 2018 au Collège Paul Eluard de Brétigny-sur-Orge en région parisienne en France La cellule éducative du collège Paul-Eluard, à Brétigny-sur-Orge, a reçu, le 10 mai, l’ex-garde des Sceaux. À son entrée dans la salle, les collégiens lui ont réservé un accueil chaleureux par leurs applaudissements nourris, ponctués de nombreux cris.

Sur place, la centaine d’élèves l’attendait, fort impatients de pouvoir échanger avec celle qui est, notamment, à l’origine de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.

La date de sa venue, organisée par l’établissement en lien avec l’association « Rien de spécial », est loin d’être un hasard. En marge de la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage du 10 mai, l’établissement organisait sa journée des couleurs. « Tous les élèves sont fortement encouragés à porter les habits traditionnels de leur pays ou de leur région d’origine. C’est le seul jour où ils ont le droit de casser les codes », a indiqué Eric Dogo, le prinicipal de l’établissement.

En fine pédagogue, Christiane Taubira a expliqué les fondements de la journée de réflexion civique sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l’humanité. Se prêtant à la séance de questions /réponses, elle a répondu en avoir personnellement été victime. « Il faut éliminer la haine que l’on peut avoir, elle ne sert à rien à part nous détruire », a insisté l’ancienne ministre de la Justice. «On peut avoir d’autres sentiments mais celui-ci est trop dévastateur ; aucun fruit, même sec, n’en sort », a-t-elle martelé.

À un autre élève lui posant la question sur les informations qu’il avait suivies faisant parfois référence à sa couleur de peau, Christine Taubira a répondu: « Je fais en sorte que toutes les épreuves se transforment en force. Des propos peuvent nous faire souffrir mais il faut passer outre car, ce ne sont que des imbécillités. Elles viennent de personnes qui sont enfermées dans leurs clichés et qui ne comprennent rien au monde ».

S’en est suivie ensuite une heure d’échange, sur son engagement politique, les décisions du président des Etats-Unis, Donald Trump, ou encore le mariage pour tous. Ils ont continué dans les coulisses avec un peu plus de proximité pour les élèves.

Pour cinq d’entre eux, l’aventure ne s’arrête pas là. Ils sont invités à intervenir dans l’émission « Couleurs Tropicales » sur Radio France internationale, le 22 mai. « Ils reviendront sur ce qu’ils ont vécu ici »,a précise Claudy Siar, l’animateur de l’émission. «L’idée est aussi de parler des problématiques autour de l’esclavage tout en échangeant avec nos auditeurs », a-t-il souligné.

Rappelons que le 10 mai est la journée des mémoires et de réflexion sur la traite, l’esclavage et leurs abolitions. Des actions sont mises en œuvre en lien avec le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage et les associations de mémoire dont, parmi elles, le Cran, présidé par Louis-Georges Tin, Afro-descendant qui a toujours fixé ses origines au Congo Brazzaville par la Route des esclaves partant de Pointe- Noire vers les Amériques.

 

Légendes et crédits photo : 

Photo : Christiane Taubira en marge des festivités du 10 mai 2018 au collège Paul-Eluard de Brétigny-sur-Orge en région parisienne, en France
Crédit photo : LP /N.C.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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