Festival Tazama : regards croisés sur « Si près, si loin » du Gabonais Serge Abessolo

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Le film, projeté à l’Institut français du Congo (IFC) la veille de la conférence-débat animée le 14 mai, a fait l’objet des crtitiques et suggestions, en présence de son producteur.

 Sorti le 5 janvier dernier à Libreville, au Gabon, « Si près, si loin » a été écrit par John Franck Ondo et réalisé par Saturnin Ayenoueta. Le film relate, en une heure et trente minutes, des mœurs gabonaises et africaines.  Il a été projeté pour la première fois à Brazzaville dans le cadre de la cinquième édition du festival du film des femmes africaines « Tazama » qui se tient du 11au 18 mai à l’IFC.

Dans ce film, l’acteur et producteur, Serge Abessolo, incarne le rôle du père, tandis que celui de la jeune fille est confié à Aïsha Yamav, également présente lors de la projection. « Si près, si loin » est une comédie romantique qui raconte l’histoire d’un jeune étudiant, Clémenceau, accuielli dans la famille de Serge après la mort de ses parents. Cette famille a une fille unique de 18 ans, Celia, qui tombe secrètement amoureuse de Clémenceau mais n’arrive pas à le lui dire. Ce dernier, par contre, la considère et la traite comme une petite sœur. L’arrivée de Matho, copine de Celia, trouble Clémenceau, amoureux de cette dernière. Mais le jeune étudiant n’est pas son genre d’homme. Ainsi, s’installe une rivalité entre les deux filles jusqu’à ce que Clémenceau soit arrêté et libéré par la suite… 

Ce film a été bien salué par le public qui a cependant noté beaucoup de manquements au niveau du casting, du maquillage, de l’habillement, de la coiffure et de la technique. « La maquilleuse n’a pas bien fait son travail, la costumière n’a pas su donner les vêtements appropriés ainsi que la coiffure.  La production doit s’apprêter pour le maquillage et l’habillement pour ne pas créer un désagrément lors du tournage. Aussi, il faut donner le temps aux acteurs et actrices de se mettre dans la peau des personnages, de s’imprégner du texte qui leur a été confié », ont souligné les cinéastes intervenus à cette occasion.    

Par ailleurs, ils se sont indignés de la manière dont fonctionne la réalisation des films africains. « La réalisation en Afrique est faite sans l’esprit de la production, les Africains ont toujours travaillé dans le cadre de la générosité, d’affinité sans mettre les exigences de la profession », ont-ils relevé

Mettre un terme à l’amateurisme

Ces hommes de cinéma ont également instruit le public que le film appartient au producteur et non au réalisateur. « Tous les choix reviennent au producteur car, c’est lui qui paye toute l’équipe.  Le réalisateur est comme un génie à qui l’on demande l’impossible. Ne pas lancer un projet si vous vous rendez compte que les moyens financiers ne sont pas totalement réunis pour le terminer, ne vous hasardez même pas à le commencer.  Il faut aussi qu’on rentre dans la logique des vraies productions, la production d’hier c’est fini, travaillons maintenant comme des professionnels. Soixante ans après, on ne peut pas toujours dire qu’on est des jeunes cinéastes, c’est faux.   Le cinéma asiatique a commencé cinq ans après nous et a évolué, nous sommes restés à l’étape embryonnaire, cela ne peut pas marcher, il faut qu’on ait des producteurs bien formés », ont conseillé les intervenants.

Le producteur du film, Serge Abessolo, a pris acte de toutes ces critiques et suggestions, promettant de faire mieux prochainement. « Je considère ce film comme un essai en littérature, celui-ci m’a permis de voir et comprendre le fonctionnement du cinéma ainsi que les manquements. Aujourd’hui, si je dois faire une autre production, je sais à qui je dois m’adresser. J’ai désormais un éventail de choix pour faire une seconde production car un film doit produire un autre », a-t-il fait savoir.  

Signalons que ce long métrage a été produit par Cap9 communication, société de production de Serge Abessolo. Ce film a été retenu en sélection officielle dans la catégorie Panorama pour le Festival international du cinéma et de l’audiovisuel du Burundi qui se déroulera du 31 mai au 7 juin.

Légendes et crédits photo : 

Photo : Serge Abessolo et les actrices, lors de la conférence-débat

Source : http://www.adiac-congo.com/

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