FCC-CACH : la coalition doit sauver d’urgence la RDC !

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Une fois de plus la République démocratique du Congo, notre pays, se trouve comme arrêté à l’intersection de plusieurs routes devant mener vers différents destins. Le chemin que nous suivrons maintenant, déterminera certainement notre avenir. Il importe donc d’analyser, de prendre position, d’agir sagement et conséquemment.

A  y regarder attentivement, l’échiquier politique congolais, du moment, présente, comme par le passé, deux camps politiques antagonistes. Ceux-ci sont foncièrement opposés, certes,  sur le plan de l’occupation des responsabilités, mais plus profondément et essentiellement sur celui des idéaux. C’est dire que chacun proposent des visions différentes de la vie et du futur. Il s’impose donc d’éclairer l’opinion sur les options en présence afin de conduire la nation à des choix rationnels.La contradiction entre «la coalition pour la souveraineté et le progrès» qui se construit péniblement, à Kinshasa, entre le FCC et le CACH, et la plateforme politique qui se met en place à Bruxelles, à l’instigation de l’étranger, le « Lamuka » ne doit pas s’appréhender comme une simple structuration de deux groupes rivaux décidés à en découdre pour l’occupation des responsabilités d’Etat.

Les controverses qui naissent autour des notions telles que « la vérité des urnes », les campagnes d’intoxication contre telle ou telle autre ethnie, l’entretien des forces négatives dans certains territoires de l’Est du pays ne sont que digressions pour éloigner l’attention du peuple des vrais tenants et aboutissants de la question congolaise.

L’antagonisme se révèle plus profond, il est réellement fondamental et essentiel. L’issue de l’affrontement actuel, que nous espérons paisible, impactera directement nos existences d’aujourd’hui et, sans doute, l’avenir des générations futures. Cette situation nous oblige à constamment revenir sur les causes véritables de ce différend. Nos populations doivent comprendre et saisir les vraies valeurs, les intérêts et les objectifs qui sous-tendent, expliquent et structurent ce combat pour le leadership de la RDC.

Il demeure vrai que, pour le moment, ni la coalition de Kinshasa, ni la plateforme de Bruxelles, ne démontrent une parfaite unité idéologique ou d’actions ; d’importantes fissures affaiblissent l’une comme l’autre. Et pourtant, la survie de la nation et l’amélioration de nos conditions de vie exigent que la plateforme de Bruxelles soit mise hors d’état de nuire et la coalition de Kinshasa urgemment renforcée.

Pourquoi cet exercice est-il nécessaire ?

Chacun se rappellera aisément que le « Lamuka » représente l’aboutissement de la lutte acharnée, menée par Bruxelles, pour réunir les forces de la branche la plus réactionnaire de l’opposition au régime souverainiste de Joseph Kabila depuis le milieu de la seconde décennie du présent siècle. Ces groupes ont toujours bénéficié de l’appui total des puissances qui, pendant le XXème siècle, avaient structuré notre économie et tiré profit de nos faiblesses. L’opération n’est donc pas gratuite. Il va sans dire que les puissances intéressées ne pouvaient accepter, ni tolérer la réussite du projet souverainiste de Joseph Kabila. Les rencontres de l’opposition congolaise de l’époque, initiées et orchestrées par les étrangers, à Kinshasa, à la symbolique île de Gorée, à Genval, à Paris et finalement à Genève n’ont jamais visé un autre objectif que de contrer la démarche salutaire de la libération véritable de la RDC.

Les observateurs qui examinaient avec l’attention nécessaire ces successives conférences ne pouvaient manquer de noter combien Etienne Tshisekedi, fondateur et président de l’UDPS, s’y montrait toujours mal à l’aise, malgré sa farouche opposition à Joseph Kabila. La réalité est que cet homme de principe n’acceptait pas les conditions humiliantes des étrangers. D’ailleurs, les lobbies étrangers eux-mêmes se méfiaient de l’intransigeance du « vieux » à leur égard. Il a fallu le courage du fils, Félix-Antoine Tshilombo, largement encouragé par Vital Kamerhe issu de l’école révolutionnaire de Mzee Laurent-Désiré Kabila et ancien compagnon de Joseph Kabila, pour briser, au moment décisif et stratégique de la conférence de Genève, l’élan qui apparaissait, aux yeux de tous, victorieux du projet de la soumission de la RDC. C’est ainsi que les pourparlers débutés du vivant d’Etienne Tshisekedi, entre le PPRD et l’UDPS, reprirent pour aboutir à l’engagement de travailler ensemble, au maintien de la souveraineté de la RDC, à la consolidation de la paix et à l’amélioration des conditions de vie de la population, en cas de victoire d’une des parties aux élections qui s’annonçaient.

C’est avec ce sous-bassement politique et, dans l’optique de la préservation de la souveraineté de la nation, qu’il convient impérativement de décourager le complot de Bruxelles et d’apporter sa franche collaboration au bon aboutissement de la coalition politique actuellement en phase de finalisation des préparatifs à Kinshasa. En effet le PPRD, l’UDPS, l’AFDC, l’UNC et leurs alliés respectifs, tous attachés à l’indépendance, à la souveraineté, à la fin du terrorisme dans l’Est du pays et au bien-être du peuple congolais, se doivent de consolider l’accord de gouvernement annoncé par la signature du texte publié par les représentants du FCC et du Cach.

Ces partis politiques doivent s’entendre et donner rapidement un gouvernement légitime à notre pays. L’absence d’un exécutif renouvelé, cohérent et bénéficiant réellement de la confiance du peuple, retarde, de beaucoup, les immenses chantiers auxquels nous devons ensemble faire face.

En effet, divisés et donc affaiblis, nul ne pourra seul gagner la bataille de la corruption et de l’impunité qui gangrène la société congolaise ; les terroristes encore présents à l’Est ne seront pas vaincus. Sans un programme commun soutenu par une grande coalition parlementaire et populaire, personne ne remportera égoïstement le difficile combat contre la pauvreté ; que dire alors à propos de la longue et complexe lutte pour l’émergence et donc du développement ?

Certes, il n’est pas aisé pour les militants de base des différents partis politiques, habitués à s’affronter, de se mettre à défendre la même coalition de gouvernement. Et pourtant, faisant preuve de lucidité, l’actuel chef de l’Etat avait, dès le lendemain de la proclamation des résultats électoraux, proclamé le changement de la nature des rapports qu’il souhaitait voir naître entre les siens et le président sortant, qualifié de partenaire de l’alternance démocratique.

Maintenant que l’alternance pacifique et civilisée du pouvoir a réussi, suite à des élections crédibles, le temps est arrivé de remporter le combat de fond. Celui-ci consiste, bien évidemment, à nous libérer des relations économiques injustes d’une mondialisation déséquilibrée, mais surtout à concevoir et mettre en œuvre, avec le soutien de la grande majorité de la population, une gouvernance nouvelle et dynamique, capable de sortir rapidement notre peuple de la grande pauvreté et de lancer le pays tout entier sur la route de l’émergence.

Dans ce combat politique les partis politiques, cités plus haut, auront un rôle extrêmement important à jouer. Chacun doit prendre ses responsabilités ; l’échec conduira, à coup sûr, au retour en force de « Lamuka » et donc, à la soumission de la RDC aux intérêts des étrangers.

Jean-Pierre Kambila Kankwende

Source: http://www.mediacongo.net/

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