Face à Nangaa, le Rassemblement en ordre dispersé

0

Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a vertement affirmé qu’il ne serait pas possible d’organiser les élections cette année, contrairement à ce que stipule l’accord signé le 31 décembre dernier.

Alors que le pouvoir, par l’entremise du Porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende, a soutenu cette sortie, affirmant qu’elle ne violait pas du tout l’accord de la Saint-Sylvetre, la coalition dirigée par Félix Tshisekedi a semblé avancer à double vitesse, hésitant quant à l’attitude à adopter.  Dès l’annonce du président de la CENi, le fils d’Etienne Tshisekedi  s’est empressé de réagir avec vigueur sur son compte twitter:  » Monsieur Naanga a déclaré la guerre au Peuple Congolais!« .

Cependant, dans la matinée du 10 juillet, le ton du communiqué du G7, signé par son président Pierre Lumbi, président du Conseil des Sages du Rassemblement, parait pourtant plus modéré: « (…) le G7 croit encore en la possibilité d’organiser des élections en cette année 2017 » et plus loin, le même texte affirme que: » le G7 considére la déclaration de monsieur Naanga comme un aveu d’échec et demande la redynamisation de la CENI comme prévu dans l’accord du 31 décembre 2017« .

En somme, la composante du Rassemblement ne propose rien de concret, mais laisse la porte ouverte à la publication d’un calendrier électoral « au plus tard le 31 décembre », comme elle l’exigeait quelques semaines plutôt. En d’autres termes, le G7 envisage une recomposition de la CENI, susceptible de prendre encore du temps, et est prête à concéder un report contre la publication du calendrier clair.

Curieusement, le même soir du 10 juillet, une autre déclaration du Rassemblement signée par Félix Tshiseked rejette de l’huile sur le feu : » le Rassemblement appelle le peuple à la vigilance et à de tenir prêt pour participer aux grandes actions qui seront annoncées au 22 juillet, à la clôture de son deuxième conclave ! « .

Deux jours plus tard, le même Félix Tshisekedi qui, sans attendre le conclave sa la plate forme, revient à la charge en lançant, dans les médias, une proposition choc: « En cas de non organisation des élections en décembre 3017, il nous faudra une Transition de 6 mois sans Kabila« , propose-t-il.

Là encore, c’est du domaine de l’irréaliste. De son vivant, Étienne Tshisekedi a fait la même proposition, avec un « régime spécial » écartant certes pas ouvertement Joseph Kabila. Une idée qui n’a pas fait son chemin, même au sein de l’opposition. Car, en réalité, le G7 n’a pas trop fait échos de cette nouvelle proposition de Félix Tshisekedi.

De son côté, l’honorable Delly Sessanga, Coordonateur de l’Alternance pour la République (AR) et membre du Conseil des Sages du Rassemblement,  réagit vivement le vendredi 14 juillet sur CCTV, une chaîne de télévision locale à Kinshasa : « cette proposition de Transition n’engage que son auteur et a été faite à titre individuel ! » martelle-t-il.

Entre temps, Martin Fayulu, autre membre du même Conseil des Sages du Rassemblement, quant à lui, trouve que  » ça ne sert plus à rien de discuter avec monsieur Kabila. »

Aline Engbe.

 

Source : Politico CD

Laisser un commentaire