Ex-Katanga: les entreprises minières prêtes à importer l’électricité de l’Afrique du sud

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L’initiative vise à réduire le grand déficit local d’énergie qui a affaibli la production minière de la RDC, principal producteur de cuivre du continent.

Les entreprises minières établies au Katanga éprouvent d’énormes difficultés pour fonctionner à cause des déficits énergétiques chroniques constatés sur le plan local. La vaste région minière du Katanga, riche en cuivre, ne recevrait environ que la moitié de l’énergie dont elle a besoin de la part du réseau national. Une situation qui met constamment en difficultés les opérateurs du secteur minier obligés de chercher des alternatives pour assurer leur fonctionnement. Plusieurs d’entre ces entreprises recourent régulièrement aux générateurs à défaut d’importer l’énergie de la Zambie voisine.

Pour ne pas continuer à subir constamment cette situation qui, à terme, risque de paralyser le secteur minier dans la province du Katanga, les délégués de la Société nationale d’électricité (Snel) tiennent depuis jeudi 13 avril des pourparlers avec la chambre de commerce du Congo. Le but de ces concertations, à en croire l’agence Reuters, est de négocier les importations d’électricité produite par l’entreprise sud-africaine Eskom. L’objectif, comme l’a laissé entendre Eric Monga, le président de la chambre de commerce du Congo dans la région minière du sud-est, est de réduire le grand déficit local d’énergie ayant affaibli la production minière du pays, principal producteur de cuivre du continent.

La démarche est présentée comme salutaire pour l’industrie minière locale d’autant plus qu’il s‘agit, non seulement, de faire face aux déficits énergétiques massifs, mais aussi aux précipitations devenues « limitées » lesquelles pourraient entraîner une chute de production de près de 50% dans les principales centrales hydroélectriques du pays au cours de la saison sèche de mai à septembre prochain. C’est donc une façon de prévenir cet état des choses que la Snel s’emploie à conclure ce deal, en synergie avec la Chambre de commerce du Congo, de sorte à revitaliser le secteur minier en RDC.

Nonobstant le coût prohibitif de l’opération, les autorités congolaises sont déterminées à aller jusqu’au bout de leur logique. « C’est nettement plus cher […] mais l’intérêt économique est tellement formidable que nous sommes obligés d’aller discuter avec eux », a déclaré Eric Monga. L’électricité importée d’Afrique du Sud impliquerait le transport via de centaines de kilomètres de câbles à travers le Zimbabwe et la Zambie, entrainant ainsi l’augmentation des coûts, reconnait-il. Toutefois, il est précisé que chaque société minière serait libre de négocier avec Eskom pour la quantité d’énergie dont elle a besoin. Glencore, Ivanhoe Mines et Randgold comptés parmi les grands opérateurs du secteur auraient déjà souscrit à cette transaction.

Rappelons par ailleurs que la RDC est censé construire un nouveau barrage de 4.800 MW de 14 milliards de dollars sur le fleuve Congo d’ici 2020 – avec 2.500 MW affectés à l’Afrique du Sud – mais peu d’avancées sont enregistrées, le gouvernement n’ayant pas encore sélectionné un entrepreneur.

 

Source : adiac-congo.com

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