Entreprises publiques : les partenaires intéressés se font rares pour accompagner la réforme

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Le seul appui de taille provenant de la Banque mondiale (BM) est conditionné par des réformes claires sur les plans institutionnel, administratif et politique pour corriger les graves lacunes du passé. Dans le cas contraire, la représentation de cette institution de Bretton Woods en RDC ne compte pas accompagner l’Etat RD-congolais dans les secteurs à problème.

2001 devait marquer un tournant dans la vie des entreprises publiques en RDC. En effet, l’Etat s’engageait enfin dans un vaste programme de réforme s’articulant principalement sur son mode d’intervention dans l’économie et des principes de sa participation dans ses anciens fleurons aujourd’hui malades. Et le nouveau cadre institutionnel et juridique était plutôt bien planté, avec une série de lois devant contribuer à la transformation juridique et économique de ces entreprises publiques, pour certaines, au bord de la disparition. Jusqu’à la veille de la publication des lois en 2009, notamment celles établissant la liste des nouvelles sociétés commerciales, les rapports de la Banque centrale du Congo  indiquaient une contribution moyenne de l’ordre de 3 % de ces entreprises publiques entre 2004 et 2008, alors qu’elles constituaient jadis un des leviers essentiels de l’économie du pays.

En réformant, l’objectif à terme était bien d’insuffler une nouvelle dynamique en vue d’améliorer le potentiel de production et de rentabilité de ces entités. Plus de dix ans après, que reste-t-il de cette réforme ? Au total, le gouvernement de la République a initié trois grands chantiers dans le cadre de ces réformes : (1) la modernisation du cadre juridique et institutionnel, (2) la transformation en sociétés commerciales et (3) la profonde restructuration. Le processus plutôt ambitieux engagé par les politiques n’a pas abouti aux résultats escomptés. Le diagnostic reste préoccupant au moment où l’environnement général du pays a continué à se métamorphoser, avec la libéralisation progressive des secteurs porteurs de croissance : électricité, assurance, etc.

Après un moment d’arrêt à la suite de la suspension du financement par la BM, le processus de réforme entamé dix ans plus tôt risque bien de connaître quelques problèmes pour son redémarrage. Dans le cadre de son projet Compétitivité et développement du secteur privé, la BM a financé pour 180 millions de dollars américains cette réforme. Mais dans certains milieux, l’on parle même de « fiasco », un terme très dur pour décrire l’état catastrophique dans lequel se trouve la quasi-totalité de ces entités. Au regard des faibles résultats enregistrés, le prochain round des discussions entre la RDC et la BM sur ce dossier est conditionné par un certain nombre de réformes institutionnelles et administratives à entreprendre au préalable. Au-delà, il y a aussi un accent particulier sur l’une des faiblesses de la réforme : la volonté politique.

Même si le le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques reste critique sur cette réforme, elle note tout de même un « frémissement de redressement » mais il faut, insiste-t-il, « créer un cadre propice et continuer à distiller les objectifs de la réforme pour chasser la peur du changement ». Il déplore également la faible culture des résultats dans les chefs des managers, le niveau d’endettement excessif, les difficultés de trésorerie et le manque de financement suffisant. Toutefois, cela ne suffira pas à convaincre les plus gros partenaires à se joindre au gouvernement de la République pour parachever cette réforme. « Très clairement, la Banque mondiale n’ira pas là où ça n’a pas marché sans des réformes institutionnelles, administratives et une volonté politique affichée d’apporter un changement », a conclu la BM.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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