Entrepreneuriat : le phénomène « Lufu » plus déstabilisateur que la charge fiscale

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En dépit d’une fermeture officielle du célèbre marché situé à la frontière angolo-congolaise et de la mesure d’interdiction d’importation de certains produits similaires, on parle encore des effets désastreux de Lufu sur l’entrepreneuriat local.

 

 

L’épineuse question s’est invitée aux échanges entre l’Agence nationale de promotion des investissements (Anapi) et les responsables de Nestlé Congo pour tirer au clair les causes profondes du départ du Groupe suisse. Les causes ne sont pas fiscales, s’est empressé de conclure l’Anapi qui a accompagné la société lors de son installation en RDC et de la construction de son usine de Kingabwa, dédiée au conditionnement du produit Maggi pour un coût global évalué à vingt-deux millions de dollars américains.

Deux ans plus tôt, en août 2015, la société Nestlé RDC a inauguré sa nouvelle ligne de conditionnement du lait Nido « essenta nutripac ». Rien ne présageait alors d’un départ aussi rapide. Pourtant, en revenant sur les dernières années de la société, il y a bien eu un signe annonciateur. En effet, la société a aligné trois années de pertes successives qui ont affecté durement sa santé financière. Huit ans après le lancement de ses activités à Kinshasa, il y a eu la terrible annonce de la fermeture de l’usine et du siège social dès janvier 2018.

Bien entendu, la nouvelle de la fermeture de Nesté RDC a fait l’effet d’une bombe tant chez les travailleurs que chez l’Anapi. Cette dernière a tenu à avoir toutes les précisions des managers de cette société sur les causes exactes de leur décision de quitter la RDC. Le phénomène « Lufu », l’inflation et l’effritement du pouvoir d’achat de la population ont contribué à placer la société dans l’obligation d’adopter cette mesure extrême. La dépréciation de la monnaie nationale face au dollar américain a élevé terriblement les coûts de production, a-t-on appris.

À l’issue des discussions, l’Anapi a tenu à rappeler à l’opinion nationale que ce départ n’est pas le fruit des contrôles et autres tracasseries ou de la pression fiscale et parafiscale. Pour sa part, le groupe a réitéré sa détermination à maintenir ses activités à travers un réseau de distribution par tiers.

Source : adiac-congo.com

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