Enseignement : présentation d’un rapport d’étude sur l’éducation sexuelle en milieu scolaire à Kinshasa

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Le document a été rendu public, le 9 octobre, dans la salle des conférences Lubumbashi de Caritas Congo, dans la commune de Gombe, par deux institutions internationales de recherche, notamment Population and health research institute (Pheri) et African population and research center (APHRC).

 

 

 

 

 

 

 

L’étude porte sur l’analyse de la mise en œuvre du cours d’éducation sexuelle ou éducation à la vie dans les écoles de Kinshasa. Un sujet d’autant plus important à telle enseigne qu’ont pris part à la cérémonie de présentation des acteurs éducatifs d’obédience catholique, protestante,  kimbanguiste et salutiste. Du côté des officiels, le ministre des Affaires sociales, Eugène Serufuli, était présent, ainsi que la ministre provinciale Thérèse Olenga de l’Environnement, éducation et genre de la ville province de Kinshasa, tout comme le vice-ministre de l’Urbanisme et habitat, Willy Bolio.

Le rapport a été préparé par Jacques Emina, avec le soutien de Léon Mudubu Konande de Pheri, le Pr Mangulu ainsi que Chimaraoke Izugbara, Martin Bangha et Njora Hungi d’APHRC qui ont contribué à la revue du document. Cette étude a eu pour objectifs de décrire la mise en œuvre du cours d’éducation sexuelle ou de la vie familiale et population dans les écoles de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), d’identifier les différences entre divers programmes enseignés aux élèves sur cette matière délicate.

Dans l’économie du rapport de cette étude, il a été indiqué que l’enseignement du cours d’éducation sexuelle à l’école soulève un débat controversé dans plusieurs pays africains au regard des croyances culturelles et religieuses. En RDC, les écoles catholiques ont initié un module de cet enseignement dans le cadre du cours d’éducation à la vie familiale depuis 1970, afin de lutter contre les grossesses précoces et les maladies sexuellement transmissibles chez les adolescents et les jeunes. En 1989, le ministère de l’Enseignement primaire et secondaire a créé la Commission nationale d’éducation à la vie familiale dans le but d’élaborer le programme des manuels et des matériels didactiques et former les enseignants dans tout le pays. « Ce cours fait partie du programme national d’enseignement du ministère de l’Enseignement primaire et secondaire et doit être enseigné au moins une fois par semaine dans toutes les classes », a-t-on indiqué. En 2013, il a été noté un développement du programme national d’éducation à la vie familiale et population et en 2014, le lancement du programme national.

Une étude menée en 2015 à Kinshasa fait état de 67% des jeunes de 14 à 19 ans sexuellement actifs et environ 33% d’entre eux ont signalé des symptômes d’une infection sexuellement transmissible au cours de l’année 2016. 34 % ont déclaré avoir utilisé la contraception moderne, alors que 50 % de filles sexuellement actives ont indiqué avoir déjà été enceintes au moins une fois dans leur vie, parmi lesquelles 30 % ont reconnu avoir pratiqué au moins une intervention volontaire de grossesse (IVG). « Ces statistiques qui sont interpellantes renforcent le besoin des adolescents et des jeunes d’être informés sur la santé sexuelle et reproductive », ont souligné les auteurs du rapport.

Les deux instances internationales de recherche se sont donc penchées, en 2017, sur la mise en œuvre du programme d’éducation sexuelle en milieu scolaire à Kinshasa. L’étude a comparé le niveau des connaissances, les attitudes et les perceptions des élèves selon le programme d’éducation à la vie enseigné à l’école. Plus de cinq mille écoliers, cent soixante-seize enseignants et cent soixante-et-un responsables ont été interviewés dans cent quatre-vingt-douze écoles sélectionnées dans les quatre districts de la ville de Kinshasa (Funa, Lukunga, Mont-Amba et Tshangu) et couvrant les cinq réseaux d’écoles (catholiques, protestantes, kimbaguistes, gouvernement et privé). Il ressort de l’étude que le cours d’éducation sexuelle est enseigné dans la quasi-totalité des écoles enquêtées (94 %). Cependant, constate l’étude, le système éducatif de la RDC n’organise pas une formation formelle en éducation à la vie, y compris l’éducation sexuelle dans les instituts supérieurs pédagogiques. L’on relève aussi que les croyances ou traditions religieuses, la formation mitigée des enseignants et le manque de matériel pédagogique sont parmi les principaux obstacles à la mise en œuvre de l’éducation sexuelle dans les écoles.

En conclusion, l’étude note que la RDC est sur la bonne voie pour fournir des informations fiables sur la sexualité et la santé reproductive aux adolescents, même si les résultats sont encore mitigés. Alors que le contenu des programmes est vaste et cohérent avec les normes internationales, il y a des lacunes à combler, notamment en ce qui concerne la formation des enseignants, le matériel pédagogique et le mode de prestation. Le gouvernement et les bailleurs de fonds devraient promouvoir des études d’intervention et d’évaluation en utilisant les approches longitudinales pour générer des données factuelles et documenter les meilleures pratiques. Créée en novembre 2016, Pheri est une institution de recherche internationale qui vise à soutenir le développement socio-économique durable de l’Afrique, en considérant la population comme la première et principale ressource.

Légendes et crédits photo : 

Des écolières à Kinshasa

Source : http://www.adiac-congo.com/

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