Enregistrements sonores : un coup tordu au dauphin présumé

0

On connaissait, mais très loin de chez nous, les révélations Wikileaks aux États-Unis ou encore en France, les enregistrements audio du sulfureux conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, qui ont tellement pollué la vie à l’ancien président français. Depuis ce samedi 25 novembre 2017, la RDC a aussi son « affaire » des documents sonores et un homme qui en concentre toute l’attention : Aubin Minaku.

Cité régulièrement sur une short list des candidats potentiels à la succession du chef de l’État au cas où Joseph Kabila ne serait pas partant pour un troisième mandat, le Secrétaire général de Majorité Présidentielle est la grande vedette ou la grande victime, c’est selon, des enregistrements révélés samedi par Jeune Afrique.

Confronté à la défiance des alliés du PPRD au sein de la MP, qui n’entendent pas laisser passer la réforme de la loi électorale censée les condamner, Aubin Minaku s’est montré très sévère envers ces ‘’partis-tiroirs’’. « Ces partis mosaïques qui ne sont pas des partis politiques [car sans militants ni même un drapeau], mais des instruments de stratégie électorale », peut-on entendre le patron de la MP traiter ses amis politiques en se félicitant au passage que « Alex », son assistant, son épouse et l’épouse de Ramanzi Shadari (le ministre de l’intérieur) aient même été membres fondateurs du PPD, un de ces « partis-tiroirs ».

Aubin Minaku impitoyable envers les partenaires politiques, les enregistrements sonores mettent surtout en scène un président de l’Assemblée nationale prêt à tout pour contourner les règles. Quitte à faire passer la révision controversée de la loi électorale et ne pas « subir » comme du temps de « Boshab » en 2015, un nouvel échec en plénière, argumente le speaker de la chambre basse du Parlement. N’hésitant pas à envisager une autre option qui ne serait pas le vote du texte en plénière. « Les situations passées, nous étions allés jusqu’en plénière et là c’était un échec. Cette fois nous allons lever l’option, que faire ? Est-ce qu’il faut s’assumer jusqu’au bout, pendant le débat général jusqu’au vote ? Ou, à un certain moment [on va] expliquer notre position […] Nous allons réfléchir à ce sujet et lever l’option demain matin [samedi] ».

Pour le secrétaire général de la MP, le coup est dur et il vient sans doute de son propre camp. En position plus ou moins idéale pour une possible candidature à la présidentielle, Aubin Minaku voit son image peu reluisante, celle d’un fossoyeur de la démocratie, étalée au grand jour. Aux yeux de la communauté internationale auprès de laquelle l’ancien président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie a passé le temps ces derniers mois à construire l’image d’un véritable homme d’État capable de prendre ses responsabilités, c’est une bien mauvaise publicité pour l’enfant terrible d’Idiofa présenté par les enregistrements sonores sous les airs d’un dirigeant clientéliste et d’un despote machiavélien prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Jusqu’où ira Aubin Minaku ? De quelle ampleur surtout seront les dégâts politiques de ces enregistrements sonores que personne n’a vus sortir ?

Source : Media Congo

Laisser un commentaire