Enjeux électoraux : Francis Mvemba affiche ses ambitions pour la présidentielle

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Ayant grandi dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, l’homme d’affaires a bâti sa fortune grâce à l’extraction de diamants. Selon l’interview accordée au journal « Le Parisien » en France, il se présentera à l’élection présidentielle en République démocratique du Congo, prévue pour décembre.

Par son parcours hors du commun dressé par le quotidien français, on apprend que l’homme multidirectionnel de 35 ans vit aujourd’hui au-delà de ses rêves d’enfant. Au lycée, lorsqu’il dormait encore dans la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonnes, Francis Mvemba gardait sous son matelas une photo d’une Audi TT. « J’ai économisé et j’ai pu me l’acheter dès que j’ai eu mes 23 ans », sourit celui qui a désormais dans son propre garage une Lamborghini, une Ferrari, une Bentley, mais ne jure que par ses tractopelles et les excavatrices qui lui permettent d’extraire des diamants. Devenu multimillionnaire, il vit entre Monaco et le continent africain. Avec l’association caritative qu’il a fondée, il a sorti plusieurs centaines de personnes de la rue. Mais il veut désormais aller plus loin et se présenter à l’élection présidentielle de la RDC qui aura lieu en décembre.

Au commencement, c’était un footballeur de talent dont la carrière a été malencontreusement interrompue en 2005 à cause d’une blessure au ménisque. En parallèle, l’enfant des Tarterêts monte une entreprise de transport. « J’ai commencé en portant des cartons et en effectuant des livraisons dans ma société. J’enchaînais ensuite avec mes entraînements de foot : ça faisait de sacrées journées ! », se rappelle cet athlète de 1,92 m. Mais en 2008, il est contraint de mettre la clef sous la porte. « Je me suis dit que j’allais en profiter pour tenter l’aventure africaine », poursuit-il. Il part pour la RDC, son pays d’origine, et se décide à travailler dans l’extraction et la vente de diamants et de l’or.

Il se souvient de cette époque de voyages en classe éco, des chambres exiguës de petits hôtels sans climatisation. Il commence à travailler, un peu. Puis il rencontre, en 2010, en Suisse, un acheteur qui lui confie avoir un problème avec un négociant africain. « Il avait donné quatre cent mille dollars à quelqu’un qui devait lui ramener de l’or et des diamants, mais il le menait en bateau », souligne-t-il. « À force, je connaissais un peu tout le monde et j’ai pu mettre cet homme face à ses contradictions et récupérer cent quatre-vingt-douze mille dollars. Le reste, il l’avait déjà dilapidé », indique-t-il.  Dans la foulée, ce businessman de Genève décide de s’associer avec Francis Mvemba pour monter une entreprise, baptisée Eufrasia, qui vend les pierres brutes en Europe à des joailliers qui se chargent de les tailler. Leur première destination est le Burundi, puis le Burkina-Faso. « Tout s’est fait dans les règles, avec les licences, les certificats », assure le millionnaire, documents à l’appui.

Les associés passent à la vitesse supérieure et deviennent eux-mêmes producteurs au Cameroun et au Congo. « On a acheté quatre appareils pour draguer le fond de la mer, ça nous a coûté  sept cent cinquante mille euros et on a trente personnes qui sont sur chaque machine », détaille Francis Mvemba. Des bulldozers raclent, eux, la terre ferme. « Mais avant que ça marche comme ça, j’ai bossé dans les mines, j’ai creusé moi-même sous le sol avec une pioche, dans des endroits où on ne respire pas, pleins de poussière », relate celui qui porte aujourd’hui des bijoux aux doigts et aux poignets. « J’ai attrapé le paludisme, je me lavais avec une bouteille d’eau. Et je ne mangeais que des bananes plantain pour ne pas être malade », témoigne-t-il.

Sa fortune faite, il décide de se « tourner vers le caritatif ». « Pour rendre un peu de tout ce que j’ai eu », explique-t-il. Au départ, ce sont ses voisins, dans le village où il vit, qui le sollicitent. Puis les enfants qui dorment dans la rue, « les shégués ». « J’ai commencé par acheter un fauteuil roulant pour l’un, payer la scolarité d’un autre, ces gens dormaient devant chez moi et, du coup, le problème des autres est devenu mon problème », lâche Francis Mvemba. Sa Fondation Eufrasia voit le jour en 2014, financée par cent cinquante mille euros de ses fonds propres afin de sortir les femmes et les enfants de la rue. À l’instar des Restos du Cœur, il décide lui aussi d’écrire une chanson pour cette fondation qui devient en 2015 un immense succès à la radio. « Mais j’ai refusé de la commercialiser pour que l’on ne puisse pas m’accuser d’essayer de me faire de l’argent sur la charité », martèle-t-il.

 S’engager maintenant en politique relève à ses yeux d’une suite logique. « L’avenir, c’est l’Afrique, et je veux servir mon peuple », lance le futur candidat. « Je vais axer mon programme sur la sécurité, mettre les gens au travail en lançant une campagne de rénovation des infrastructures, des routes. Je veux électrifier toute la RDC », conclut-il. Déjà tout un programme pour le créateur du Parti Émergence du Congo de proposer de nouvelles perspectives à cette jeunesse.

Légendes et crédits photo : 

Francis Mvemba

Source : http://www.adiac-congo.com/

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