Énergie : l’Afrique intègre l’électricité verte

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Malgré des blocages persistants, la chute du prix des énergies renouvelables encourage leur essor en Afrique subsaharienne.

En dépit d’ un taux d’électrification en hausse, six cents millions d’Africains subsahariens restent privés d’électricité, soit les deux tiers de la population, mais à un rythme insuffisant compte tenu de la croissance démographique. La biomasse traditionnelle (le bois) et les énergies fossiles (charbon et pétrole) sont les principaux besoins énergétiques du continent. Cependant, à l’avenir, la capacité des Etats subsahariens à répondre à la demande énergétique de leurs citoyens – qui devrait doubler d’ici à 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) – dépendra de leur recours aux énergies renouvelables, dont les coûts pour produire de l’électricité rejoignent peu à peu ceux des énergies fossiles. L’énergie solaire y tient une bonne place. Et la dégringolade du coût des panneaux solaires devrait intensifier le recours à cette source. Mais le continent africain peut aussi compter sur des gisements hydroélectriques, dont la quasi-totalité du potentiel reste inexploitée, et sur l’éolien terrestre. Toutefois, la construction de barrages représente des investissements colossaux. Le lancement de tels projets appelle à la prise en compte de leurs impacts écologiques et sociaux.

En combinant toutes ces sources et compte tenu des importants gains d’efficacité énergétique qui pourraient être réalisés, la part des énergies renouvelables dans le mixénergétique du sous-continent pourrait ainsi atteindre 50 % à l’horizon 2030, souligne l’Irena.

Quelques freins techniques et financiers

L’Irena conseille de maîtriser et développer la formation des ingénieurs, techniciens et artisans; rénover la plupart des réseaux électriques actuels; développer des capacités de stockage afin de gérer la variabilité de l’éolien et du photovoltaïque. « En attendant, les énergies renouvelables intermittentes peuvent largement être utilisées pour soulager les réseaux existants », indique Yves Maigne, directeur de la fondation Energies pour le monde.

Sur le plan financier, il mérite de rappeler que l’électricité d’origine renouvelable devient compétitive par rapport aux sources fossiles, la structure de ses coûts se caractérisant par des dépenses en capital élevées : les charges de fonctionnement d’un parc éolien ou solaire sont faibles mais l’investissement initial est important. En Afrique, cette contrainte est particulièrement forte en raison d’importants risques juridiques et politiques, même si les investisseurs privés ont souvent tendance à les surestimer. La situation, toutefois, évolue. Pour encourager les acteurs privés, les Etats ont mis en place des mécanismes assurantiels publics permettant de sécuriser les investissements et d’éponger les éventuelles pertes.

Une gouvernance faible

Avec l’accord de Paris sur le climat de 2015, les Etats d’Afrique subsaharienne sont nombreux à s’être dotés de plans de développement énergétique à un horizon de vingt ou cinquante ans mais rares sont ceux qui ont une vision opérationnelle à court terme. Résultat, la politique énergétique se résume trop souvent à tenter de régler dans l’urgence le problème permanent des coupures de courant. Cela se traduit par le développement de sources d’appoint « sales » –  comme des groupes électrogènes au diesel – qui limitent la capacité des sociétés nationales d’électricité à investir en parallèle dans les énergies vertes. Cette faible gouvernance complique également le déploiement de l’électrification rurale.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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