En empêchant les Congolais de la diaspora de se faire enrôler : le régime de Kinshasa se débarrasse d’un électorat hostile

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Par la volonté d’un pouvoir aux abois et qui sait que sa diaspora est généralement très critique et hostile à son endroit, les Congolais de la diaspora n’auront pas l’occasion de se faire enrôler et de faire valoir leurs voix aux élections prévues le 23 décembre prochain en République démocratique du Congo. Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale, au terme d’un débat auquel a été associée la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

De l’avis des observateurs avertis, le prétexte technique brandi par la CENI pour amener la chambre basse du Parlement à prendre cette décision arrange bien le pouvoir en place, qui vient ainsi d’écarter subtilement du vote une bonne frange de compatriotes généralement acquis à la cause de l’opposition et de l’alternance démocratique tant réclamée.

Le débat rouvert à ce sujet à l’Assemblée nationale aura démontré que la question relative à la participation des Congolais de la diaspora aux élections en vue reste d’actualité. Et que toutes les démarches visibles ou invisibles tendant à frustrer cette catégorie de citoyens de son droit de vite et d’éligibilité sont à condamner formellement parce que contraires à l’esprit et à la lettre de la constitution de la République.

En effet, il est connu de tous aujourd’hui qu’un prétexte mal trouvé dans les laboratoires politiques de la Majorité présidentielle pour écarter tout électorat hostile au pouvoir en place en RDC, la principale cible visée étant l’ensemble des Congolais de l’étranger qui considèrent que celui-ci a déjà fait son temps et qu’il doit être empêché à tout prix de  » continuer à martyriser les parents restés au pays  » !

Selon des informations des sources proches de la CENI et de l’aile dite  » majoritaire  » de l’Assemblée nationale, le temps qui reste avant le lancement des élections annoncées et les moyens matériels et immatériels disponibles ne se prêtent pas aux opérations d’identification et d’enrôlement de Congolais expatriés…

Or, bien longtemps avant la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila, les Congolais de l’étranger avaient élevé leur voix pour exiger leur participation aux élections qui s’en suivaient. Chemin faisant, la CENI avait sauté sur l’occasion pour annoncer solennellement que le souhait ainsi exprimé de ces compatriotes d’Outre-mer était accueilli avec enthousiasme et accepté !

Comment peut-on donc expliquer le brusque changement d’attitude du pouvoir et de la CENI à l’endroit des Congolais de la diaspora dont la qualité de citoyens à part entière est pourtant publiquement reconnue par eux ?

Prétexte mal trouvé pour empêcher la participation de ces compatriotes expatriés aux prochaines élections, c’en est vraiment un. Il suffit d’être à l’écoute des concernés pour s’en convaincre. En effet, pour des milliers de Congolais résidant à l’étranger leur identification et leur enrôlement rapide et à moindres frais est encore possible jusqu’à ce jour car, grâce à leur coopération agissante, aux facilités de contacts dont ils disposent mais aussi et surtout de l’organisation de leurs pays d’élection, la tâche du gouvernement et de la CENI serait très largement simplifiée !

Que coûterait au gouvernement de la République et à la centrale électorale d’aller à la rencontre de la diaspora congolaise via les ambassades de la RDC, les gouvernements de pays de résidence et les réseaux sociaux en vogue aujourd’hui ?

Source: http://www.mediacongo.net/

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