Elections : suspicion de fraude autour du QR code

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Alors que l’échéance du 23 décembre fixée pour la tenue des scrutins avance à grand pas, la machine à voter censée être utilisée continue d’alimenter le débat.

Jusqu’à ce jour, la controverse suscitée par le recours à la machine à voter, présentée comme technologie avant-gardiste lors des élections du 23 décembre, ne faiblit pas au sein d’une classe politique divisée entre pro et anti cet outil, sans espoir de parvenir à un entendement consensuel sur cette question. Curieusement, plus le temps s’égrène, plus la polémique tend à se corser en devenant très technique. À ce jour, le débat reste circonscrit autour du fameux QR code qui, d’après les experts, est un code à barres à deux dimensions qui permet d’encoder des données et de comptabiliser les votes à l’issue d’un scrutin.

Pour une bonne frange des candidats à la présidentielle, cette donne informatique introduite par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) sur le bulletin de vote ne sert qu’à tripatouiller les résultats au profit du candidat du Front Commun pour le Congo. Ils ont été confortés dans leur conviction par leur pair, le candidat Alain Daniel Shekomba qui, le 7 novembre, leur a démontré comment leurs voix étaient programmées pour être canalisées vers le candidat Ramazani Shadary grâce à des instructions données préalablement à la machine.

Directeur général adjoint d’une entreprise de téléphonie mobile basée à Malabo, en Guinée équatoriale, Daniel Shekomba continue de marteler sur la vulnérabilité de ce QR code qui, scanné avec un téléphone intelligent, par exemple, permet d’accéder rapidement à une page internet. D’autres actions, a-t-il ajouté, sont également possibles avec ce code telles enregistrer les informations d’une carte de visite directement dans sa liste de contacts ou encore ajouter un événement dans son agenda.

Cette panoplie d’applications auxquelles peut donner lieu le QR code est une fenêtre ouverte aux manipulations diverses dont fausser les résultats même si le nom du candidat à voter a été bel et bien pointé par l’électeur, a-t-il soutenu. De la sorte, l’on arrive facilement, grâce à une application pour smartphone, à des résultats non conformes au vote émis par l’électeur. Les simulations de vote faites dernièrement par la Céni en provinces, dans le cadre de la sensibilisation à la machine à voter, auraient révélé ces défaillances, indique-t-on.

 Daniel Shekomba et ses pairs disent ne pas être prêts à cautionner l’introduction par la Céni du QR code, un cinquième élément ajouté sur le bulletin de vote au mépris de la loi électorale. Celle-ci, argue-t-on, ne prévoit uniquement sur le bulletin de vote que les éléments ci-après : le numéro, l’identité, la photo du candidat et le logo du parti ou regroupement politique du candidat. Le candidat à la présidentielle et expert informatique a expliqué que « le QR code n’est pas lisible à l’œil nu. Le QR code est lisible grâce à une application spécifique et les données de la Céni sont cryptées. Il ne peut lire ce QR code que si le scanner qui est à l’intérieur de la machine à voter a aussi le même algorithme de décryptage. Donc, c’est possible la tricherie ».    

Pourquoi la Céni s’obstine-t-elle à utiliser ce QR code lors des élections ?, s’est interrogé Daniel Shekomba, tout en rappelant que les experts britanniques avaient, en leur temps, recommandé à la Céni d’élaguer cette donne du processus électoral. La même Céni avait, par ailleurs, refusé que soient audités les logiciels de sa machine à voter, nourrissant ainsi les soupçons d’intentions de fraudes.

La réplique de la Céni

Les éclaircissements du candidat Daniel Shekomba ne sont pas restés sans réponse de la part de la Céni, alors acculée dans ses derniers retranchements. « Shekomba confond ce qui est mis comme sécurité du papier à utiliser. Les éléments relevant de la loi sont respectés », avait d’emblée argumenté Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Centrale électorale. Et la cellule de communication de l’institution d’asséner : « Le QR code des bulletins de la Céni n’est pas utilisé pour le dépouillement ». Et d’enchaîner : « Le dépouillement des bulletins imprimés par la machine à voter se fait manuellement, pas besoin d’un quelconque lecteur (…) Le QR code sur les bulletins vierges de la MAV sert à personnaliser les bulletins par circonscription ».

Un argumentaire qui, visiblement, a du mal à convaincre une opposition apparemment conditionnée et dont les vues sont alimentées par les discours des experts au sujet des spécificités techniques des machines à voter achetées par la Ceni à la firme coréenne Miru Systems. La plupart de ces experts ont identifié les faiblesses de cette technologie QR code dont notamment « des menaces sur le secret du vote et des vulnérabilités au hacking ». Dossier à suivre.  

Source : http://www.adiac-congo.com/

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