Elections législatives et locales : les observateurs de l’UA et de la CIGL relèvent des faiblesses dans l’organisation

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Ayant reconnu que les élections législatives et locales du 16 juillet se sont déroulées dans le calme dans plusieurs circonscriptions, les observateurs de la mission conjointe de l’Union africaine (UA) et de la Conférence internationale pour les Grands lacs (CIGL) ont relevé quelques faiblesses dans l’organisation. Ils l’ont fait savoir au cours de la conférence de presse organisée le 18 juillet à Brazzaville pour rendre public leur rapport préliminaire.

Au nombre de ces faiblesses, ils ont noté que la procédure de dépouillement n’a pas été respectée par le personnel électoral. De même, ils ont relevé l’absence d’éclairage dans de nombreux bureaux de vote. En outre, les observateurs ont fait remarquer que le personnel électoral congolais accuse encore quelques lacunes dans l’orientation des électeurs.

A cela, il faut ajouter, ont-ils déclaré, le fait que la moitié des bureaux de vote ont fermé à temps. « Ceux qui avaient ouvert en retard ont tenu compte de ce fait au moment de la clôture légale comme l’exige la loi, et le vote a été prolongé. Les électeurs encore dans les files d’attente ont ainsi été admis à voter après l’heure légale de clôture », a mentionné le chef de la mission d’observation de l’UA, Diango Cissoko.

Les Observateurs de l’UA et de CIGL ont également fait mention des cas de violences constatés dans certains districts, notamment à Ewo, Kellé où l’élection est annulée et à Ollombo. « Si dans l’ensemble le dépouillement et l’annonce des résultats provisoires par bureau de vote se sont déroulés dans le calme, la mission a noté un cas de violence dans le district d’Ollombo (Plateaux) où les locaux de la sous-préfecture ont été vandalisés », a indiqué le chef de la mission d’observation.

Tout en déplorant qu’une frange de l’opposition se soit tenue en marge du processus, la mission exhorte tous les acteurs du jeu politique national à toujours privilégier la voie du dialogue dans la résolution des différends et autres contradictions politiques, en vue de préserver la paix et la cohésion nationale et sociale, gages du développement.

Ainsi, la mission a formulé quelques recommandations au gouvernement, à l’administration électorale, aux partis politiques et à la société civile. Au gouvernement, elle recommande de prendre des mesures politiques fortes de décrispation favorables à la reprise du dialogue entre pouvoir et opposition ; d’envisager la mise en place d’un fichier électoral national unique, fiable et consensuel et de renforcer les conditions de participation des femmes et des jeunes à tous les niveaux de décision en prenant et en mettant en œuvre les textes et autres mesures d’application en la matière.

A l’endroit de l’administration électorale, la mission a recommandé de : améliorer sa communication sur le processus électoral, notamment par la mise en ligne d’un site relayant l’ensemble des informations pertinentes et des textes relatifs aux opérations électorales ; accorder davantage de temps au renforcement de la formation du personnel électoral ; doter le personnel électoral des signes distinctifs permettant de les identifier par rapport aux autres personnes présentes dans les bureaux de vote ; mettre à la disposition des bureaux de vote des scellés pour les urnes ; améliorer les conditions de distribution des cartes d’électeurs qui pourraient être, par ailleurs, mises à la disposition des électeurs dans les centres de vote le jour du scrutin et renforcer la sensibilisation des électeurs en associant les organisations de la société civile à la stratégie de dissémination de l’information électorale.

Aux partis politiques, la mission demande de : recourir aux voies légales pour le règlement de tout différend électoral ; préserver un climat de paix favorable à la participation citoyenne au processus électoral et renforcer la formation de leurs délégués dans les bureaux de vote afin de les rendre plus efficaces et pro-actifs.

A l’égard de la société civile, la mission recommande de prendre une part active au processus électoral par le déploiement d’observateurs et la sensibilisation des populations. Au-delà des élections, elle souhaite que la société civile développe une stratégie d’éducation à la paix et de prévention des conflits.

  

 

 

     

Légendes et crédits photo : 

Diango Cissoko et la représentante du chef de la mission de la CIGL

Source : adiac-congo.com

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