Elections : le CLC critique la machine à voter en avançant une dizaine de raisons

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Les principales circonstances considérées comme propices à l’organisation d’une nouvelle fraude électorale de masse, après celle qui avait rendu la présidentielle et la législative de 2011 « non crédibles », selon les observateurs nationaux et internationaux, sont : la machine à voter ; la présence, sur les listes électorales, de 6 millions de noms sans empreintes digitales ; le non respect par le régime de ses obligations explicitement inscrites dans l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, qui balisait le chemin vers des élections crédibles, transparentes, libres et apaisées après que le gouvernement Kabila eut failli à son devoir constitutionnel d’organiser les scrutins.

Ni consensus, ni fiabilité

Dans un message rédigé le 5 octobre, le CLC énumère « dix raisons pour dire non à la machine à voter ».

Il note ainsi qu’il « n’existe aucun consensus sur ce mode de vote entre la Ceni [NDLR : Commission électorale nationale indépendante] et les parties prenantes » et que « la loi électorale exclut le recours au mode de vote électronique » en son article « 237 ter al. 1 LE ». Qu’en outre, le calendrier de la Ceni lui-même n’a pas prévu cet outil – mais bien l’impression des bulletins papier du 7 octobre au 15 novembre.

Le CLC note surtout que la machine à voter pose « un problème de fiabilité » puisqu’on ignore ce que renferment ses logiciels qui « n’ont pas été audités. Le choix de l’électeur n’est pas à l’abri de modifications volontairement programmées ». En outre « face à des électeurs non instruits et/ou non formés » à l’utilisation de celle-ci, les électeurs « devront être assistés par les agents du bureau de vote, ce qui pose le problème du secret du vote ».

Risque de surchauffe et bourrage d’urnes

De plus, « en fonctionnement normal » un bureau de vote « ne peut faire voter que 220 électeurs », au lieu des 600 annoncés sur base de conditions idéales, on ne pourra donc faire voter tout le monde dans les temps. Comme les théoriques 600 électeurs par bureau de vote ne sont pas intégrés dans la base de données de la machine, « il y a risque de bourrage des urnes par les agents électoraux qui pourront voter à l’infini avec les bulletins disponibles », souligne le CLC.

Par ailleurs, l’imprimante de la machine à voter étant thermique, elle risque de « surchauffer » puisqu’elle doit imprimer 3 bulletins de vote par électeur. Et cette raison peut être utilisée « de bonne ou de mauvaise foi pour ne pas imprimer la trace des résultats, ce qui pourrait priver les témoins des candidats des copies des résultats des dépouillements ». En outre, la Ceni n’a prévu qu’une machine de réserve pour 5 placées ; si 2 ou 3 machines tombent en panne, « c’est le dysfonctionnement total du centre de vote ».

Enfin, les experts doutent de la capacité de la Ceni à former d’ici au 23 décembre « 232 formateurs de formateurs, 21.000 techniciens informaticiens (dont l’existence-même au Congo est jugée « hypothétique » par le CLC) et 453.408 agents des bureaux de vote ».

Source: http://www.mediacongo.net/

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