Elections en décembre 2018 : ça sent le roussi !

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Les nez les plus aptes le perçoivent de plus en plus. La donne intérieure de la République démocratique du Congo donnait déjà des fumées pouvant certifier cet état des lieux. Pas d’élections depuis la non-organisation de ces scrutins en 2016. A l’aube de la convocation du corps électoral, le 23 juin 2018, il n’y a toujours pas un large consensus autour de certaines options phares pour l’organisation des élections prévues pour le 23 décembre. Pendant que l’insécurité à l’Est du pays reste préoccupante à Beni et ailleurs, à l’Ouest, dans la province de l’Equateur, précisément, c’est l’épidémie de la maladie à Virus Ebola qui surgit.

Entretemps, au Kasaï, après le phénomène Kamwena Nsapu, c’est la famine qui frappe les plus petits. Et, pour clôturer le décor, les turpitudes politiques et économiques ont, depuis, créé une gronde sociale. Car, professeurs, chauffeurs, corps soignants donnent des coups de colère avec notamment, des étudiants excédés, eux, contre les récentes hausses du prix du transport à Kinshasa.

C’est plus que limpide, le pays en mal d’alternance depuis le 19 décembre 2016 est dans des beaux draps. Et, le plus préoccupant est que le bout du tunnel n’est pas encore perceptible, selon plusieurs analystes qui continuent d’être sceptiques quant à l’organisation effective des élections en décembre par la Ceni. Pourquoi ? Ce que malgré le consensus sourd de toutes les parties pour qu’il y ait élections en décembre prochain, l’usage de la machine à voter et l’absence jusque-là d’un dauphin au Président Kabila, à une dizaine de jours du dépôt des candidatures pour la présidentielle 2018, fait douter certains.

La Conférence Episcopale Nationale du Congo subodorant le roussi à venir a d’ores et déjà mis en garde sur les risques d’une tentative pour le régime en place de se lancer dans une quête pour la recherche d’un troisième mandat au Président Kabila. Toutes considérations faites, c’est ici le sujet le plus crispant qui soit pour le processus électoral en cours.

Le Congo-Kinshasa, pays continent au cœur de l’Afrique centrale a toujours été de la conférence de Berlin à ce jour, en passant par la période postcoloniale (Mort de Lumumba, accession au pouvoir de Mobutu) au centre des regards. Et, après deux ratés électoraux, en 2016 puis 2017, accompagnés d’heurts et morts d’hommes, la RDC se retrouve, une fois de plus, dans l’œil du cyclone avec ces élections du 23 décembre 2018. Les échos de la rencontre Kagame-Macron à Paris l’illustrent. Mis en musique avec les « dits » du Tweet d’Herman Cohen, à Kinshasa, certains esprits soutiennent tout haut sentir désormais une mauvaise odeur se répandre autour du Congo de Kimbangu sur la scène internationale par des bras dans la région d’autant que le pays compte neuf frontières. She Okitundu, patron de la diplomatie congolaise, a convié les ambassadeurs de l’Angola, du Rwanda et de la France pour des éclaircis et, aussi, pour placer les points sur les ‘’i’’. Espérons que des événements de suffisamment bonne odeur viendront chasser l’odeur du roussi. 

Source: http://www.mediacongo.net/

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