Elections en Afrique : le Cameroun en cinq points

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Le Cameroun, où le président Paul Biya, au pouvoir presque 36 ans, brigue un septième mandat dimanche, est la plus grande économie d’Afrique centrale, en proie à des violences quasi quotidiennes dans ses deux régions anglophones.

– « Afrique en miniature »

Le Cameroun partage ses frontières avec le Tchad, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Nigeria. Après la Première Guerre mondiale cet ancien protectorat allemand est divisé en deux, la partie orientale sous mandat français et la partie occidentale sous mandat britannique.

Le Cameroun devient indépendant en 1960. L’année suivante, une partie du territoire sous tutelle britannique choisit le rattachement au Cameroun francophone, l’autre partie au Nigeria.

Le Cameroun, dont le nom est dérivé du portugais « rio dos camarões » (fleuve des crevettes, nom donné par des explorateurs), est souvent qualifié d' »Afrique miniature » en raison de sa diversité géographique, climatique, minière et ethnique.

Les francophones sont majoritaires, les anglophones représentant environ 20 % des 23 millions d’habitants.

Les trois quarts de la population avaient moins de 25 ans en 2014 (derniers chiffres disponibles).

– Biya, un des doyens des présidents africains

Le premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo, démissionne en novembre 1982 au profit de son Premier ministre, Paul Biya. Ce dernier, qui brigue dimanche un nouveau mandat, préside le pays sans partage depuis près de 36 ans, une longévité permise par une révision constitutionnelle en 2008 qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels.

En Afrique, seul le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema est au pouvoir depuis plus longtemps (1979).

– Séparatisme anglophone et Boko Haram

Les deux régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) connaissent une profonde crise politico-sécuritaire depuis fin 2016. Elle a commencé par des manifestations, impulsées par des avocats anglophones et des enseignants, pour protester contre les discriminations subies selon eux par les anglophones.

Les combats entre soldats et séparatistes sont devenus quasi quotidiens, entraînant le déplacement de près de 200.000 personnes fuyant les violences.

Les séparatistes, qui s’en prennent aux forces de l’ordre et aux symboles de l’administration, affirment vouloir rétablir dans un État indépendant « la dignité » de la minorité anglophone.

Le pays est également confronté depuis 2009 aux attaques et enlèvements des jihadistes nigérians de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, qui ont sensiblement diminué ces derniers mois.

– Économie diversifiée

Le Cameroun bénéficie d’abondantes ressources naturelles comme le pétrole, le bois précieux, des minerais, le café, le coton, le cacao et le manioc.

En 2017 la croissance a ralenti en raison de l’arrivée à maturité des principaux gisements pétroliers et d’une épidémie de grippe aviaire, selon la Banque mondiale, qui l’estimait en avril à 3,7 %.

Cette année la croissance devrait s’accélérer à environ 4 % grâce à l’exploitation de nouveaux champs gaziers, les activités du BTP pour la Coupe d’Afrique des nations de 2019 et une hausse de l’offre énergétique, selon le FMI.

Des doutes planent toutefois sur la capacité du pays à organiser la compétition. La Confédération africaine de football (CAF) rendra sa décision finale fin novembre.

Le nombre de pauvres a grimpé de 12 % entre 2007 et 2014, atteignant 8,1 millions, sur fond de croissance démographique rapide, selon la Banque mondiale.

Seuls 10% des actifs ont un emploi formel et un tiers des habitants vit avec moins de 2 euros par jour.

La Chine est le premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger.

Le port de Douala, principal débouché pour les pays d’Afrique centrale enclavés comme le Tchad et la Centrafrique, se caractérise par la vétusté de ses infrastructures, l’engorgement, la corruption et les tracasseries administratives.

– Dibango, Beyala et parc de Waza

Le saxophoniste Manu Dibango, célèbre pour avoir mêlé le jazz aux sonorités africaines, est originaire du Cameroun, de même que la romancière Calixthe Beyala.

Dans le Nord, le parc national de Waza, connu pour ses girafes, ses antilopes et ses éléphants, accueillait autrefois plusieurs milliers de visiteurs annuels, flux qui s’est tari après des enlèvements par Boko Haram.

Source: http://www.mediacongo.net/

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