Elections: début de campagne sous fond de tracasseries pour l’opposition

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Cette fois, les trois « grands » candidats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo ont définitivement lancé leur campagne électorale.

On sait qu’Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin du président hors mandat Joseph Kabila, a été le premier à lancer les hostilités, bien avant la date autorisée par la loi électorale. Mais le candidat du pouvoir ne semble guère s’arrêter à ces « détails » légaux, comme le montre le soutien sur le terrain des ministres du gouvernement, des gouverneurs ou les facilités pour bénéficier des structures de l’Etat. Des plaintes ont été déposées pour cet emploi abusif des moyens de l’Etat à des fins électorales par un candidat mais ces doléances sont restrées lettres mortes.

Tracasseries généralisées

Le duo Tshisekedi-Kamerhe, après un accueil triomphal à Goma mardi, a dû déchanter ce mercredi. Les deux hommes ont tenu un point de presse pour expliquer qu’ils ne pourraient pas se rendre comme ils l’avaient prévu à Walikale dans le Nord-Kivu. En cause, selon eux, le fait que les pilotes, intimidés par les menaces du pouvoir congolais, auraient refusé de leur louer son appareil.

Entre Goma et Walikale, se sont près de 300 kilomètres d’une route particulièrement en mauvais état, difficile dans ce contexte d’envisager ce déplacement. Malgré ce contretemps, les deux hommes entendent poursuivre leur campagne en mettant le cap demain, jeudi, sur Bukavu. « Même si la place de l’Indépendance a été soudainement envahie par des tracteurs et autres engins de chantier qui ont commencé des travaux pour nous empêcher de nous adresser à nos supporters », confie un militant de l’UNC.

Excès de zèle des fonctionnaires de l’Etat

Martin Fayulu, le candidat de la plateforme Lamuka n’a pas été épargné non plus par les tracasseries. « Les autorités ont tout fait pour empêcher ou en tout cas retarder le départ de l’avion de Kinshasa », explique un cadre de Lamuka qui rappelle le fait que le pouvoir « a déjà tout fait pour empêcher nos avions d’arriver en RDC. »

Dès l’aéroport de Kinshasa, les ennuis se sont multipliés avec des fonctionnaires faisant preuve d’un zèle rare et de mauvaise foi. « Tout au long de la journée, il a fallu se battre pour qu’ils nous laissent faire campagne. Quand nous sommes arrivés à notre escale à Goma, les tracasseries ont repris de plus belle. Le candidat Fayulu est finalement arrivé sur le coup de 17h32, à Beni. Les gens attendaient parfois depuis 10 h du matin. La piste d’atterrissage de l’aéroport de Mavivi a été envahie et il a fallu s’organiser pour qu’un service d’ordre maintienne les gens à distance. »

Sur la route qui mène au centre-ville, des miliers de personnes sont massées pour acclamer le candidat de Lamuka. « C’est notre favori, explique Jean Kareka, instituteur à la retraite. Il faut en finir avec Kabila et ses amis. Voyez le succès de Martin Fayulu, chez nous, loin de son Bandundu ou de Kinshasa. Cela veut dire beaucoup. Des gens se sont levés tôt pour venir voir et écouter le président Fayulu. Le pouvoir ne va pas pouvoir nous inventer des histoires au lendemain des élections. Personne ne veut d’une victoire du candidat de Kabila. »

Le cortège de Martin Fayulu peine à se frayer un chemin vers le centre-ville. Et le candidat est encore attendu à Butembo, à 50 kilomètres de là. « Ici, on a l’impression que c’est toute la province qui est venue pour écouter le président Fayulu », explique le député national Muhindo Nzang, coordinateur régional pour la plateforme Lamuka.

Le boulevard Président de la République, principale artère de la ville, est noyée sous une foule compacte, selon diverses images reçues de Butembo. Les musiciens locaux se succèdent pour faire patienter tout ce monde dans la bonne humeur. Les chansons sont souvent critiques à l’égard du pouvoir en place mais les chants les plus durs vis-à-vis de la Kabilie sont ceux qui partent du public qui scande, régulièrement, « pas de président, pas de président », pour rappeler que cette région du grand nord (Beni, Butembo, Lubero) meurtrie par des violences incessantes se sent abandonnée par Kinshasa et entend se mobiliser pour faire barrage au candidat du pouvoir.

Source: http://www.mediacongo.net/

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