Election présidentielle : sept candidats dénoncent la mainmise du pouvoir sur les médias publics

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Dans une déclaration rendue publique le 2 octobre, les prétendants à la magistrature suprême réunis dans un collectif ont aussi stigmatisé la politique sélective appliquée par le gouvernement en faveur de Ramazani Shadari (candidat du Front commun pour le Congo (FCC) avec, à la clé, l’utilisation des biens et personnel publics à des fins électoralistes.

C’est un quasi-rappel à l’ordre que sept candidats à la présidentielle de novembre, regroupés dans un collectif, viennent d’adresser au pouvoir en place à travers un communiqué publié le 2 octobre.

Dans ce document, les signataires, en l’occurrence Marie-Josée Ifoku, Sylvain Maurice Masheke, Théodore Ngoy Ilunga, Yves Mpunga, Gabriel Mokia, Seth Kikuni et Radjabho Tebabo, livrent leur position par rapport à la suite des événements. Tout en jugeant impérative la tenue des scrutins, le 23 décembre prochain, conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), ils pensent qu’il serait prudent de recadrer certains détails, afin de crédibiliser le processus politique en cours. Une façon de dire qu’ils ne sont pas prêts à cautionner les irrégularités qui entachent le processus électoral.

Dans leur déclaration, Théodore Ngoy Ilunga et ses compagnons posent un certain nombre de préalables dont la nécessité, pour la Céni, de procéder « sans désemparer » à l’impression des bulletins de vote papier pour les élections du 23 décembre. C’est, notent-ils, le seul mode de vote prescrit par le législateur congolais. Aucune allusion n’a été faite sur la machine à voter qui ne semble pas représenter pour eux un quelconque sujet de préoccupation. « Une commission technique comprenant respectivement la Céni, le Cnsa et le gouvernement devra être mise sur pied pour vérifier le processus d’impression du bulletin papier de vote », ont-ils plaidé.

D’après eux, l’impression des bulletins en papier n’impactera pas négativement sur le calendrier électoral et, par conséquent, la Céni est tenue de faire de son mieux pour que les scrutins aient lieu à l’échéance fixée. Si rien n’est fait, menacent-ils, « la Céni porterait avec le gouvernement la responsabilité de tout report du scrutin en cours ».

Ouvrir les médias publics à tous les candidats

Les sept prétendants à la magistrature suprême du pays ne se sont pas arrêtés là. Ils ont fait le constat malheureux de la caporalisation de la RTNC, devenue un instrument au service de la propagande d’un seul regroupement politique, le FCC. Ils exigent, de ce fait, l’accès équitable de tous les candidats aux médias publics tout en protestant énergiquement contre « l’atteinte à la personnalité de certains haut cadres de l’opposition à travers des éditoriaux et le refus de la RTNC de couvrir les manifestations publiques de certains partis politiques de l’opposition et celles des candidats indépendants ». Ils exigent « le respect et l’application stricte des lois de la République en matière de l’audiovisuel et de la communication par le Csac, en particulier, et par tous les organes de presses, en général ».

S’agissant du candidat du FCC, qui jouirait des largesses du pouvoir en place, les sept dénoncent la politique sélective appliquée par le pouvoir, avec à la clé, l’utilisation des biens et personnel publics à des fins électoralistes. Ils demandent au chef de l’État ainsi qu’au gouvernement de « retirer au candidat du FCC les véhicules de la police et des forces armées avec gyrophare, et son personnel ou de doter tous les candidats président de la République des mêmes moyens immédiatement ». Enfin, ils dénoncent la politisation des sites universitaires au profit du candidat du FCC qui y bat campagne via les corps académique et professoral interposés.

Légendes et crédits photo : 

Théodore Ngoy lisant la déclaration au nom du collectif

Source : http://www.adiac-congo.com/

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