Election: la promulgation du budget n’est qu’un coup d’épée dans l’eau

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Impossible de finaliser l’épineuse question électorale sans la loi portant organisation du Cnsa, celle relative à la répartition des sièges, sans oublier la loi électorale révisée, étant donné l’importance la priorité accordée à la tenue des élections par le gouvernement Tshibala.

Le Président de la République a promulgué, samedi dernier, la loi de finances de l’exercice 2017, adoptée le 15 juin dernier par les deux chambres du Parlement, à savoir le Sénat et l’Assemblée Nationale. L’opinion se rappellera que le premier ministre Bruno Tshibala avait assigné trois missions à cette loi, conformément à l’Accord Politique Global et Inclusif signé le 31 décembre 2016 au Centre Interdiocésain de Kinshasa.

L’organisation des élections occupe une place de choix parmi ces missions qui comprennent également la question économique liée à l’amélioration des conditions de vie de la population et celle de la sécurisation des personnes et leurs biens.

En ce qui la concerne, la Commission Election Nationale Indépendante (CENI) a démontré que la loi de finances de l’exercice 2017 ne suffit pas, à elle seule, pour relever le défi de la tenue des échéances électorales. Celle-ci requiert aussi la promulgation de la loi électorale révisée, de la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, ainsi que celle de la loi relative à la répartition des sièges révisée.

Les analystes avertis ne cessent de se demander la raison pour laquelle ces textes légaux n’ont pas été examinés et adoptés lors de la session parlementaire ordinaire de mars dernier et si le Parlement de la République aura le temps de traiter et de finaliser ces trois lois lors de la session ordinaire de septembre prochain, qui est essentiellement budgétaire.

Au cas où les sénateurs et députés nationaux ne parviendront pas à disponibiliser ces instruments juridiques, la loi de finances de l’exercice 2017 n’aura pas d’effets escomptés, à savoir la tenue des élections présidentielle, législatives, provinciales et locales. Elle sera, à cet égard, un véritable coup d’épée dans l’eau, sans impact pour l’avenir de la République Démocratique du Congo.

Le pire est que la Majorité Présidentielle (MP), c’est-à-dire Joseph Kabila, Aubin Minaku et consorts, a refusé de convoquer une session parlementaire extraordinaire consacrée à l’analyse et adoption de ces textes légaux, comme le député national Juvénal Munubo Mubi l’avait expressément sollicité.

Etant donné qu’il n’est jamais trop et qu’il y a encore plus de deux mois de vacances parlementaires, la MP a le devoir de convoquer, à cette fin, une session extraordinaire au cours de ce mois de juillet, afin de prouver sa bonne volonté de sortir le pays de la crise dans lequel il croupit.

Source : Media Congo

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