Education : refaire l’école congolaise

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L’exhortation est du président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme, Jean-Claude Katende, qui demande aux nouvelles autorités du pays d’inscrire, parmi leurs premières priorités, la réforme du système éducatif congolais en vue de rehausser son niveau.

Après son récent appel à l’assainissement du secteur de l’Enseignement supérieur, le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), Jean-Claude Katende, pense que « l’école est à refaire. L’école est à repenser ». Pour ce juriste, la qualité de l’enseignement passe par la reprise des responsabilités par l’Etat qui est le pouvoir organisateur de ce secteur. « L’école doit donc cesser d’être un objet de commerce pour les responsables scolaires et un outil d’enrichissement sans cause pour l’autorité publique », a-t-il soutenu.

Dans l’une de ses pages d’opinion publiée le 6 février, il a dit rejoindre ceux qui pensent que les nouvelles autorités du pays devront porter une attention particulière à l’école maternelle, primaire et secondaire, la base de l’éducation.

Des écoles commerçantes

Jean-Claude Katende fait remarquer que toutes les écoles établies au pays ne poursuivent pas leur objectif principal, à savoir la formation de la jeunesse. Dans les écoles, privées comme publiques, regrette ce juriste, la recherche du gain a pris le dessus sur la formation des enfants. Notant que les frais scolaires étaient au-dessus de la bourse de beaucoup de parents, il affirme qu’il y a des établissements où ces frais annuels atteignent mille cinq cents ou deux mille dollars américains. « Dans ces conditions, la majorité de Congolais peut-elle scolariser ses enfants ? », se demande-t-il.

Le président de l’Asadho regrette également qu’à ce jour, les écoles vendent tout (journal de classe, uniformes, chaussettes, pull-over, pantoufles…) à des prix inimaginables et inventent toutes sortes de frais (frais de réinscription, frais de l’Etat, frais Kimbuta…), sans que l’Etat s’en émeuve. Quand un enfant entre en 6e année des humanités, prévient le penseur libre, les parents doivent se préparer à être pillés par les autorités éducatives en payant toutes sortes de frais, dont personne ne connaît la destination finale, selon lui.

Relevant qu’il y a présentement dans le privé comme dans le public des écoles qui exigent aux parents de contribuer même à la construction de nouvelles salles de classe, Jean-Claude Katende s’indigne que cet acte qui devrait être volontaire soit devenu obligatoire. « L’autorité publique n’intervient pas et ne dit rien. Est-ce qu’elle y tire un profit ? Fort possible », pense-t-il.

A côté de cette description de l’école, il y a également la mauvaise qualité de l’enseignement et la baisse du niveau de l’éducation. La solution serait, selon le président de l’Asadho, de refaire l’école, de la repenser. « Les nouvelles autorités devront décharger les parents de tous ces frais inutiles qui enrichissent les responsables des écoles. Elles devront organiser les états généraux sur l’école pour que tout change et donne un autre avenir à l’école du Congo », a-t-il recommandé.

Légendes et crédits photo : 

Me Jean-Claude Katende

Source : http://www.adiac-congo.com/

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