Education : le gouvernement rassure face aux menaces des enseignants

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Le 31 mars, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Firmin Ayessa, a promis aux syndicats des bénévoles et prestataires, ainsi qu’aux diplômés des écoles professionnelles de l’enseignement, que leurs doléances seront présentées lors de la prochaine réunion de cabinet.

L’avis de grève, lancé pour le 3 avril – date de la reprise des cours- par les syndicats des catégories d’enseignants qui tiennent la plupart des écoles à travers le pays (90%), vient d’être désamorcé. Ces syndicats revendiquent, entre autres, leur intégration à la Fonction publique et la publication du statut particulier du personnel de l’éducation nationale.

Pour Firmin Ayessa, le président de la République a donné des orientations au Premier ministre qui, à son tour, a instruit les ministres concernés, qui sont déjà en chantier. « Vous serez associés au moins pour l’information le moment venu. Mais cela ne saura tarder, le sujet sera débattu lors de la prochaine réunion de l’interministériel. Les modalités, qui seront retenues avec chiffre à l’appui par nos experts, pourraient être adoptées en conseil de cabinet et en Conseil des ministres », a annoncé le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la réforme de l’Etat, du travail et de la sécurité sociale.

Face aux menaces persistantes sur la grève, le gouvernement a demandé aux syndicats des enseignants de l’accompagner dans cette démarche pour apporter des solutions idoines à l’épineuse question qui permettra également de combler le déficit criant en personnel. « Convainquez vos différentes bases, dites leur que nous sommes allés entendre un discours déterminé (…) Si vous avez déjà le pied sur la pédale, levez-le. Vous hésitez pour rien, ne découragez pas ceux qui s’engagent à travailler pour la cause de tous. Il ne s’agit pas de la cause de quelqu’un, mais de sauver l’école congolaise », a conseillé Firmin Ayessa.  

Un déficit de près de 20 000 enseignants

Selon des statistiques du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, le sous-secteur accuse actuellement un déficit de près de vingt mille enseignants, tous cycles confondus. Un déficit qui pourrait être comblé si l’on arrivait à recruter près de onze mille diplômés des écoles professionnelles et plus de huit mille prestataires et bénévoles, tous déjà sur le terrain.  Les autorités justifient ce manque par le fait que depuis 2015, des recrutements ont été gelés dans la Fonction publique, conjugués aux départs massifs à la retraite des agents civils de l’Etat ces dernières années. Cela concerne également les autres départements ministériels, dont la santé et les affaires sociales.

Recruter de façon rotative

Etant donné que le budget de l’Etat exercice 2018 n’a prévu aucune ligne sur le recrutement à la Fonction publique, le gouvernement a rassuré les partenaires sociaux qu’il était déjà en train d’examiner comment régulariser la situation de cette catégorie d’enseignants avant d’arriver en 2019. « Nous sommes obligés de faire vite, parce que l’année scolaire est différente de l’année civile et pour bien le faire, il faut commencer à travailler maintenant sur ce recrutement des jeunes à la Fonction publique qui devrait se faire de façon spéciale. Si nous ne pouvons pas recruter dix mille, nous pourrons étaler, ce sera déjà pour nous un acquis», a conclu le vice-Premier ministre.

Prenant acte des assurances données par le vice-Premier ministre en présence du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, certains syndicalistes ont promis d’en rendre compte à la base et d’autres considèrent Firmin Ayessa comme l’homme de la situation.

Légendes et crédits photo : 

Le vice-Premier ministre, Firmin Ayessa, et le ministre Anatole Collinet Makosso, face aux enseignants/ Adiac
Les syndicalistes de l’enseignement/Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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