Edem Kodjo : «C’est la CENCO qui est au centre de la crise et la confusion actuelles en RDC»

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Dans ce long entretien relayé par sur le site web This is Africa, un projet de la Radio Netherlands Worldwide, le diplomate togolais et ancien secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine actuelle Union Africaine a indiqué n’avoir pas gardé un très bon souvenir de sa dernière mission en RDC.

Abordant la question sur la situation actuelle en RDC, notamment la crise née de la non-organisation des élections, Edem Kodjo compare la République Démocratique du Congo à «une belle fille qui a tout pour plaire et que tout le monde convoite».

Au pays des Kabila « ce qui n’a pas fonctionné, c’est qu’on a choisi la mauvaise solution au détriment de la bonne », a estimé celui qui, mandaté par l’Union Africaine, a tenté, en vain, de rapprocher les différentes positions en vue d’un consensus autour de l’organisation de l’élection présidentielle, fuyante depuis bientôt deux ans.

Estimant que l’accord du 18 octobre dont il a facilité la signature par une majeure partie de la classe politique congolaise était l’une de solutions réalistes de la crise congolaise mais dont certains acteurs politiques ont piétiné pour des raisons d’ego. Edem Kodjo indique qu’à l’instar d’une belle fille enviée et convoitée, la RDC a face à elle à la fois ceux qui ont de bonnes intentions et les prédateurs. «Et je vous assure qu’ils sont nombreux et coriaces, les prédateurs», a dit Kodjo.

La solution de sortie de crise appartient aux Congolais

Accusé de pro-Kabila, notamment par l’opposant Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février à Bruxelles, Edem Kodjo se défend à ces termes : « ce fut une accusation d’impartialité à géométrie variable et selon la direction dans laquelle soufflait le vent des intérêts de chacun. On nous a tantôt accusé d’impartialité au profit de l’Opposition (l’UDPS en particulier) et tantôt au profit de la Majorité. C’est une dialectique qui indique plutôt un refus de partialité. Chacun veut que la facilitation penche de son côté. Tous les facilitateurs ont connu cela. Mais il s’agit d’être droit et de chercher une solution solide et pérenne pour le pays, les hommes qui y habitent aujourd’hui et ceux qui y seront demain, pour l’Afrique et la dignité des africains ».

Le travail de facilitation d’Edem Kodjo ayant été suivi et complété par les bons offices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, Cenco, Edem Kodjo, fervent chrétien Catholique voit un échec total des travaux conduits par les évêques catholiques. «nous avons pourtant commencé ensemble et avec une complicité certaine. De toute façon, ils n’ont rien fait de mieux que ce que j’ai conceptuellement et diplomatiquement réalisé, à part d’avoir installé la confusion actuelle. Et c’est dommage pour ce genre d’institution.»

Se considérant comme l’un des derniers panafricanistes de sa génération, Edem Kodjo appelle la communauté internationale à cesser de mettre constamment de l’huile sur le feu en prenant parfois des positions irréalistes et intenables. Pour lui, « la solution de sortie de crise appartient aux Congolais et passe par des élections bien organisées et aux résultats inattaquables. Le temps nécessaire pour organiser ces élections est une autre question autour de laquelle il est nécessaire d’arriver à un consensus tenant objectivement compte du terrain, du volume de travail et des tâches à accomplir. »

Fiston Mahamba (@FMLarousse)⁠⁠⁠⁠

Source : Politico CD

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