Ebola : premier cas détecté en Ouganda

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Le ministère de la Santé ougandais, à travers un communiqué publié mardi 11 juin 2019, annonce la présence du premier patient atteint de la maladie à virus Ebola sur son sol depuis le début de l’épidémie dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Il s’agit d’un enfant de cinq ans qui a traversé la frontière avec cinq membres de sa famille dans la soirée du lundi 10 juin 2019.

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La mère de l’enfant est d’origine congolaise mariée à un ougandais. Ils résident dans le district de Kasese en Ouganda. Elle avait voyagé en République démocratique du Congo au mois de mai 2019 pour prendre soin de son père, qui est malheureusement décédé d’Ebola le 27 mai 2019 à Cantine-Aloya, dans la zone de santé de Mabalako.

Dans la journée du 10 juin 2019, 14 membres de cette famille, dont 12 en présentaient déjà les symptomes, sont arrivés à Kasindi, une ville à la frontière avec l’Ouganda. Ils étaient tous listés comme contacts du cas confirmé décédé le 27 mai 2019 à Mabalako. Ils ont été détectés par les équipes du Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF) installées au poste de contrôle sanitaire de Kasindi.

Ayant reconnu les symptômes d’Ebola, les équipes du PNHF n’ont pas laissé passer la famille et ont transféré les 12 personnes symptomatiques au centre d’isolement transitoire de l’hôpital de Kasindi en attendant leur transfert au centre de traitement Ebola de Beni pour effectuer les prélèvements. Parmi les 12 cas suspects, il y avait sept enfants âgés de 7 mois à 12 ans.

Dans la soirée du 10 juin 2019, six membres de cette famille ont quitté le centre d’isolement de Kasindi et ont traversé la frontière à pied en passant par des pistes secondaires pour éviter les contrôles sanitaires. Les autorités sanitaires congolaises ont immédiatement prévenu les autorités ougandaises et leur ont fourni les noms et numéros de téléphone des cas suspects. Les agents de santé ougandais ont retrouvé l’enfant et sa famille à l’hôpital de Kagando en Ouganda. L’enfant et les cinq autres membres de sa famille ont alors été transférés et isolés à l’unité de traitement d’Ebola de Bwera où les prélèvements ont été effectués. Huit contacts ougandais ont été listés et seront suivis pendant 21 jours.

Les six autres membres de la famille restés à Kasindi ont été transférés au centre de traitement Ebola de Beni dans la journée du mardi 11 juin 2019 et leurs échantillons sont en cours d’analyse. Une réunion transfrontalière entre les autorités sanitaires congolaises et ougandaises est prévue ce mercredi 12 juin 2019 à Kasese, en Ouganda, pour échanger sur la possibilité de rapatriement de la famille en République démocratique du Congo pour poursuivre leur traitement à Beni.

Le ministère de la Santé de la RDC remercie les autorités sanitaires ougandaises pour cette collaboration transfrontalière efficace.

Pour rappel, dès le début de la dixième épidémie d’Ebola en RDC, le ministère de la Santé collabore en toute transparence avec les autorités sanitaires des pays frontaliers afin d’éviter la propagation de l’épidémie dans la région. Cette collaboration prend la forme de réunions techniques régulières, d’un échange permanent d’informations sur l’évolution de l’épidémie, ainsi que le partage des identités des contacts de patients confirmés Ebola souhaitant traverser, ou ayant traversé, la frontière.

Un système de contrôle sanitaire aux points d’entrée de la RDC est organisé par le PNHF en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). C’est ce système qui permet la détection rapide des contacts de cas confirmés d’Ebola qui se déplacent et tentent de traverser les frontières pour échapper au contrôle sanitaire. En moyenne, 20 à 25 mille voyageurs traversent quotidiennement la frontière congolaise au niveau de Kasindi. Depuis le début de l’épidémie, plus de 65 millions de voyageurs ont été contrôlés aux différents points d’entrée et points de contrôle mis en place.

Un garçon de cinq ans, traité en Ouganda pour Ebola, constitue le premier cas de cette maladie dans le pays depuis l’apparition de l’épidémie en République démocratique du Congo il y a dix mois, a annoncé mardi l’Organisation mondiale de la santé.

« Le cas confirmé est celui d’un enfant congolais de cinq ans qui est venu de RDC avec sa famille le 9 juin 2019. L’enfant et sa famille sont entrés dans le pays en passant par le poste-frontière de Bwera et ont cherché à recevoir des soins », a écrit l’OMS sur Twitter.

La ministre ougandaise de la Santé, Ruth Aceng, a précisé à l’AFP que l’enfant était parti de Kasese (ouest de l’Ouganda) avec sa famille pour assister à des funérailles en RDC et qu’il était tombé malade à son retour en Ouganda.

Le ministère ougandais de la Santé et l’OMS ont envoyé une équipe de spécialistes dans la ville de Kasese pour essayer de retrouver d’autres cas probables de la maladie et de vacciner ceux qui auraient pu entrer en contact avec l’enfant malade, selon l’OMS

L’Ouganda s’était mis en état d’alerte depuis le début de l’épidémie dans l’est de la RDC, où plus de 2.000 cas d’Ebola ont été enregistrés. Les deux tiers de ces malades sont morts.

Selon l’OMS, l’Ouganda a vacciné près de 4.700 membres du personnel de santé avec un vaccin expérimental.

L’Ouganda a déjà connu des épidémies d’Ebola. La plus récente remonte à 2012. Deux cents personnes avaient trouvé la mort en 2000 au cours d’une épidémie dans le nord du pays.

En RDC, l’épidémie actuelle est la dixième depuis 1976 et la deuxième la plus grave dans l’histoire de la maladie après les quelque 11.000 morts en Afrique de l’Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) en 2014.

Des membres du personnel soignant sur le terrain ont été menacés et même tués. Une partie des habitants résistent à la lutte anti-Ebola (déni de la maladie, refus des vaccins ou des enterrements dignes et sécurisés…).

Deux ONG, Oxfam et la Croix-Rouge/Croissant-rouge, ont demandé de « réinitialiser » la réponse.

« Il est clair que la réponse actuelle pour affronter Ebola (…) ne marche pas (…). Nos équipes rencontrent toujours des gens au quotidien qui ne pense pas qu’Ebola existe », avait indiqué l’ONG Oxfam.

Source: http://www.mediacongo.net/

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