Ebola : les réticences des familles face aux enterrements sécurisés

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L’épidémie du virus Ebola qui sévit dans l’est du pays va encore durer quelques mois. C’est ce qu’a annoncé jeudi 6 décembre le ministre congolais de la Santé. Depuis qu’elle s’est déclarée début août, l’épidémie a déjà fait 271 morts dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Le gouvernement et l’OMS ont dépêché des équipes de riposte sur place pour traiter, prévenir et essayer de contenir la contagion. Mais les équipes sont confrontées à la réticence des familles de victimes à procéder à un enterrement sécurisé pour éviter toute propagation du virus. Jeudi, un incident a notamment eu lieu dans un centre de santé à 60 km au nord de Beni dans l’Ituri, épicentre de l’épidémie.

L’incident a eu lieu au centre de santé de Bwana-Sura. L’équipe médicale s’apprêtait alors à enterrer un enfant de 2 ans – un enterrement sécurisé pour éviter toute propagation du virus – quand la famille est partie avec le corps.

« L’enfant était décédé, les équipes d’enterrement étaient en train de se préparer, parce qu’elles doivent elles-mêmes se protéger, il y a un arsenal, tout un matériel qu’il faut préparer et la famille a trouvé que cela prenait trop de temps et elle a pris le corps, raconte le docteur Francois Libama, de l’OMS. Malheureusement, les équipes ont tenté d’expliquer à la famille que si les enterrements sont faits de cette façon c’est pour les protéger, mais ça n’a pas marché ».

Prendre le temps d’expliquer aux familles

L’incident n’est pas fréquent, mais les équipes médicales sont régulièrement confrontées à la réticence des familles des victimes qui veulent récupérer les corps pour procéder à un enterrement traditionnel.

Pour Julienne Anloko, anthropologue travaillant avec les équipes médicales, il faut prendre le temps d’expliquer aux familles le danger. « On ne peut pas arriver dans une famille et mettre des tenues qui effraient tout le monde et commencer à pulvériser dans tous les sens en entrant dans la maison de la famille sans demander l’autorisation, explique-t-elle. Il faut expliquer aux familles qu’en manipulant le corps elle peut se faire contaminer ».

Sur le terrain, les équipes médicales mettent en garde, les risques de contamination sont les plus élevées quand une personne est décédée.

Source: http://www.mediacongo.net/

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