Droits de l’homme : une lettre ouverte des familles des prisonniers politiques à Emmanuel Macron

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L’intervention du président français est sollicitée pour la libération des détenus d’opinion en République démocratique du Congo (RDC), dont certains sont pourtant amnistiés depuis plusieurs années déjà et d’autres  bénéficient d’un jugement des instances internationales en leur faveur.

La lettre ouverte adressée, le 7 juin, au président de la République Françaises, est intitulée « Parlez pour les prisonniers politiques de la RD Congo, car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain ». Les familles signataires ont ainsi rappelé à Emmanuel Macron l’engagement qu’il avait pris, dans son dernier discours du 19 septembre 2017  à l’Assemblée générale de l’ONU, sur la nécessité de « protéger la liberté de ceux qui pensent, réfléchissent » ayant un rôle important, surtout dans des sociétés où les droits civils et politiques sont réprimés.

Citant le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au Conseil de sécurité des Nations unies, les signataires ont indiqué au président français que courant ce mois, près de quatre-vingt-six citoyens congolais étaient détenus pour des motifs politiques. « Il s’agit des personnes d’opinions politiques différentes. Parmi elles, il y a des opposants, des activistes, des intellectuels et des étudiants. La plupart d’entre eux prennent une part active dans la vie sociale et politique et essayent d’exprimer ouvertement leur position, d’autres sont seulement coupables d’avoir participé à des manifestations pacifiques, dont les dernières parrainées par l’Église catholique pour demander l’application intégrale de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre », ont souligné ces familles.

Des otages politiques

Pour ces familles des prisonniers politiques réunies en collectif, ces personnes étaient, en fait, des otages politiques. Et, ont-elles poursuivi, les procès engagés contre eux sont « des montages utilisés par le régime kabiliste, principalement afin de continuer à réprimer l’opposition politique et la société civile ». Décrivant la situation de ces prisonniers, ce regroupement a noté que pendant tout ce temps, les citoyens congolais emprisonnés en RDC sont privés de leur liberté et de leur droit à un procès équitable, sont soumis à la torture et aux pressions, vivent dans des conditions inacceptables d’emprisonnement, perdent leur santé physique et sont séparés de leurs familles et enfants. « Les visites sont filtrées et ils ne reçoivent pas de soins médicaux appropriés dans les mouroirs congolais qu’on appelle pudiquement prisons », a expliqué le collectif.

Ces familles attendent du chef de l’État français son implication personnelle en vue de la libération de ces prisonniers. « Espérant qu’en prenant connaissance de ces violations flagrantes des droits de l’homme, vous seriez sans doute touché par leurs histoires », ont-elles dit.

Les signataires disent ne pas pouvoir rester silencieux face à la réalité scandaleuse des prisonniers politiques détenus en RDC, espérant qu’Emmanuel Macron allait tout faire pour obtenir la libération des prisonniers dits emblématiques ainsi que celle des autres prisonniers politiques. « Nous, en notre qualité de membres de familles, attendons et nous espérons, monsieur le président, que vous allez prendre des mesures urgentes dans le but d’obtenir de la RDC, la libération des prisonniers politiques, en agissant en tant que médiateur, conjointement avec l’Union européenne, la Sadc, les USA et l’ONU, dans la question de leur libération, car il nous faut à tout prix sauver Eugène Diomi Ndongala, Gérard Mulumba et libérer tous les autres prisonniers du régime Kabila, dont les amnistiés depuis 2014 et toujours privés de liberté ( Eric Kikunda et Firmin Yangambi, pour ne citer que les derniers civils condamnés à des lourdes peines) », ont écrit ces familles.

Légendes et crédits photo : 

Lettre ouverte au président français

Source : http://www.adiac-congo.com/

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