Double nationalité : Joseph Kabila soutient « faire respecter la Constitution »

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Face à trois-cents députés de la majorité présidentielle (MP) qu’il a reçus le 16 avril, dans sa ferme de Kingakati, l’autorité morale de cette palte-forme a fait preuve de pédagogie et de maîtrise sur les questions d’actualité.

L’heure des grandes manœuvres politiques vient de sonner en prévision des élections du 23 décembre prochain. Par-ci par-là, des formations politiques s’organisent et tentent de fédérer leurs énergies afin de maximiser les chances de figurer dans le nouveau paysage politique congolais qui découlera des urnes.

L’enjeu est tel que la MP n’entend pas rester en marge de la dynamique électorale qui suit son cours normal. Il faut battre le rappel des troupes, concevoir des stratégies électorales et rassurer. C’est en tout cas l’exercice auquel Joseph Kabila s’est livré dans sa ferme de Kingakati, où il a reçu trois-cents députés de sa famille politique et du Parti lumumbiste unifié. Cette rencontre élargie aux communicateurs de la MP était l’occasion pour lui de lever certaines équivoques en rapport avec quelques sujets sensibles.

A en croire des indiscrétions glanées auprès des participants à cette réunion, il ressort que Joseph Kabila, très serein, s’est dit optimiste par rapport aux prochaines joutes électorales. « Aucune formation politique ne peut battre la majorité présidentielle au vu de sa bonne organisation », aurait lâché le président de la République devant ses affidés. Par contre, il est demeuré aphone au sujet du « dauphinat » sur lequel nombre de Congolais l’attendaient. Sans glisser un mot sur la question alors que le calendrier électoral court, avec à la clé la convocation imminente du corps électoral, Joseph Kabila qui entrevoit clairement la perspective de se choisir un successeur dans sa propre famille politique continue d’entretenir un mystère, tout en montrant qu’il est à la manœuvre pour maintenir la fragile cohésion de son camp.

Qu’à cela ne tienne. Abordant les questions d’actualité dont la controverse que suscite dans la classe politique la problématique de la double nationalité, l’autorité morale de la MP n’a pas manqué de réitérer sa foi en la Constitution dont il s’est fait le défenseur acharné. Le président de la République a laissé entendre que son devoir est de respecter et de faire respecter la Constitution dont il est le garant. Joseph Kabila a insisté sur le fait que l’article 10 de la Constitution devra être de stricte observance et que le contraire devrait obliger le peuple à passer par une révision constitutionnelle. « La Constitution congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre », dit l’article 10 de la Constitution qui écarte de facto Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle de décembre et soupçonné de détenir la nationalité italienne. 

Une façon de dire qu’aucune dérogation ne lui sera accordée. Le chef de l’Etat a expliqué que le moratoire trouvé par l’Assemblée nationale en 2006 pour ne pas déchoir les députés détenteurs de plusieurs nationalités était un arrangement interne, pour un délai d’environ trois mois qui ne saurait être au-dessus des lois du pays. Aujourd’hui plus qu’hier, c’est la Constitution et elle seule qui est censée régler la question de la double nationalité, a-t-il martelé. 

Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila a loué les efforts fournis sur le terrain par les Forces armées de la République démocratique du Congo pour sécuriser la population dans les territoires où la paix est menacée, notamment au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu.

Légendes et crédits photo : 

Le président Joseph Kabila

Source : http://www.adiac-congo.com/

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