Dossier SCTP, l’attitude de Tshibala frise la démagogie !

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L’attitude affichée par le Premier ministre, Bruno Tshibala face au dossier de 13 mois d’arriérés de salaires réclamés par les agents de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP) frise la démagogie et le populisme. D’après ceux qui connaissent la situation de ce «canard boiteux», il est utopique d’apurer, du coup et dans un délai aussi record, l’ardoise sociale estimée à plus de 20 millions USD.

Comme cet internaute sur Twitter, de nombreux observateurs estiment que le chef du gouvernement congolais a manqué l’occasion de se poser de bonnes questions avant de faire une déclaration qualifiée de «démagogique».

« Dans trois jours, votre situation sera réglée. Je viens d’accorder 48 heures à vos dirigeants et les syndicalistes pour m’expliciter sur votre situation d’arriérés de salaire. Si rien n’est fait dans le temps convenu, venez me prendre dans mon bureau, nous allons faire route ensemble jusqu’ici pour trouver la solution», a promis Bruno Tshibala aux agents de la SCTP en colère.

Le Premier ministre, en prenant un tel engagement, savait – il que sa parole va le lier? Et si, au terme de ce délai, les 13 mois n’auront pas été payés, pourra – t – avoir le courage de tirer les conséquences de sa démagogie?

Puisqu’il a mis la charrue avant le bœuf, des analystes avertis estiment que Bruno Tshibala se rendra compte, après s’être imprégné du rapport sur les arriérés de salaires, de l’incapacité de l’ex Onatra de supporter du coup et dans le délai imparti cette charge lourde de 20 millions USD, représentant le quadruple de son chiffre d’affaires mensuel.

En février 2017, une source syndicale affirmait à Zoom Eco que la société fonctionnait avec un déficit mensuel d’environ 2 millions USD. Et que son chiffre d’affaires mensuel avoisinait déjà les 5 millions USD. Dès lors, ces ressources propres de la société s’avéraient déjà insuffisantes pour couvrir les charges d’exploitation d’environ 2 millions USD par mois, les frais financiers de ses multiples dettes frôlant les 2 millions USD ainsi que les salaires évalués à plus de 3 millions USD.

Toute chose étant égale par ailleurs, comment expliquer qu’une société surendettée, dépourvue d’équipements d’exploitation et fonctionnant avec un déficit de plus de 2 millions USD peut – elle être en mesure d’apurer les arriérés de salaires de plus de 20 millions USD, soit 10 fois plus que son déficit, en trois jours?

C’est par là que se justifie la démagogie de Bruno Tshibala qui, selon des commentateurs, aurait voulu plaire la foule d’agents SCTP. D’où, le populisme non toléré pour un Premier ministre.

Selon un syndicaliste ayant requis l’anonymat, le comité de gestion en accord avec le Conseil d’administration de la SCTP avant déjà initié un plan de paiement des salaires de cette année sans recourir aux crédits bancaires et un plan d’apurement des arriérés des salaires étalés sur 18 ou 24 mois.

Mais ce dernier ne pourrait entré en application que vers le dernier trimestre de l’année, lorsque le chiffre d’affaires connaîtra une augmentation d’environ 1 à 2 millions de dollars grâce notamment au renforcement de l’exploitation ferroviaire qui va bientôt être boostée par l’acquisition de nouvelles locomotives.

Conséquence : les salaires mensuels des agents seront payés avec la majoration de la quote-part mensuelle de leurs arriérés.

«Pour les arriérés de cette année, le Comité Mukoko nous a rassuré bien avant le passage du Premier ministre, que la paie de février et mars devrait commencer ce lundi 30 avril 2018. Mais pour ceux de Matadi et Boma, leur paie concerne le mois d’avril», a indiqué un agent à Zoom Eco.

A tout prendre, nombreux sont ces observateurs qui s’interrogent encore sur les vrais mobiles de la déclaration démagogique du Premier ministre. Est-ce le terrain propice de se taper un peu de popularité en exposant le comité dirigeant qui se déploie à redresser la situation de la SCTP à la colère des agents? Que non.

Il a plutôt intérêt, soutiennent des observateurs, à soutenir l’action des mandataires de l’ex Onatra dans leurs efforts de remettre cette société sur les rails.

Source: http://www.mediacongo.net/

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