Dossier Jean-Pierre Bemba : la CPI statue demain sur la remise en liberté provisoire

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Après l’audition ce mardi des plaidoiries de la défense par la Chambre de première instance VII , les juges ont jusqu’au 13 juin pour se prononcer sur la suite à réserver à l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo.   

Le leader du Mouvement de libération du Congo, toujours détenu à la Haye, n’est décidemment pas au bout de ses peines. Les lignes n’ont véritablement pas bougé malgré son acquittement prononcé en appel par la Cour pénale internationale (CPI), le 8 juin. Son maintien en détention tient au fait qu’il doit répondre à un autre chef d’accusation distinct de l’affaire principale (crime de guerre et crime contre l’humanité) pour laquelle il avait été condamné à dix-huit ans de prison. Il s’agit de la subornation des témoins dont l’audience pour la détermination de la peine – qui ne peut excéder cinq ans -, est fixée au 4 juillet.

En attendant le verdict de cette seconde affaire dans laquelle Jean Pierre Bemba est accusé d’avoir soudoyé des témoins moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes dans le but de tronquer la vérité des faits, portant ainsi atteinte à l’administration de la justice, ses avocats ont plaidé pour sa remise en liberté provisoire. Ce 12 juin, la Chambre de première instance VII a eu à auditionner ses avocats qui ont sollicité sa liberté provisoire à l’instar de ses coaccusés dans cette affaire. Me Kilolo, Fidèle Babala et autres poursuivis autant que lui dans ce dossier de subornation des témoins jouissent, en effet, d’une liberté provisoire qui leur permet de renouer avec leurs activités socioprofessionnelles. « Pourquoi n’en serait-il pas le cas pour Jean-Pierre Bemba ? », s’est interrogée la défense.  

Toutefois, il s’avère que la défense et le bureau du procureur n’ont pas le même entendement sur cette liberté provisoire. Alors que la défense considère le jugement rendu le 8 juin comme censé boucler l’affaire Jean-Pierre Bemba dont le maintien en détention ne répondrait plus à aucun critère, l’accusation, quant à elle, estime que les deux affaires sont distinctes, la seconde ayant sa « propre gravité ». L’acquittement prononcé la semaine dernière ne peut en aucun cas influencer la suite du procès, indique-t-on.

Sauf imprévu, c’est demain que les juges vont statuer sur la requête de remise en liberté provisoire de l’ancien challenger de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006. Cependant, toute condamnation de ce dernier dans cette seconde affaire pourrait hypothéquer sérieusement ses chances de postuler à la présidentielle de décembre. Son cassier judiciaire s’en trouverait de ce fait compromis. Dossier à suivre.   

Source : http://www.adiac-congo.com/

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