Diverses attaques de Kinshasa : la version du régime contredite

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Human Rights Watch fustige le montage de la police et exige la libération de Ben Tshimanga ainsi que d’autres membres de l’opposition et activistes pro-démocratie.

Plus d’une semaine après la présentation des présumés auteurs des attaques contre les sites symboliques de l’Etat à Kinshasa, Human Rights Watch (HRW) vient de mettre en doute les affirmations du régime et a fustigé ce qu’elle qualifie de montage de la police nationale Congolaise (PNC),tout en exigeant la libération de Ben Tshimanga ainsi que d’autres membres de l’opposition et activistes pro-démocratie présentés par la police comme auteurs présumés d’une série d’attaques récentes à Kinshasa notamment l’assaut contre la prison centrale de la ville en mai, qui a permis à quelques 4 000 prisonniers de s’évader. L’ong s’est exprimée ainsi dans son blog intitulé RDC en crise, visible depuis la semaine qui vient de s’achever.

L’organisation américaine a notamment relevé que comme par hasard, nombre des auteurs présumés sont membres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS, de feu Etienne Tshisekedi. L’association américaine invite les autorités congolaises à libérer de toute urgence Tshimanga ainsi que les autres activistes de l’opposition et pro-démocratie, soit les mettre en accusation rapidement pour une infraction crédible tout comme de s’assurer qu’ils bénéficient d’un procès juste et équitable, exempt de toute ingérence politique.

Avant sa présentation, Ben Tshimanga avait été détenu à un endroit inconnu, sans accès à sa famille ni à un avocat, explique HRW. Pour l’ong, les accusations portées par les services de renseignements et de police lors de la cérémonie du vendredi 28 juillet 2017 contredisent les affirmations antérieures du ministre congolais de la Justice et du porte-parole du gouvernement, qui imputaient l’attaque contre la prison de Kinshasa aux adeptes de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo.

Human Rights Watch a documenté de nombreux cas au cours des deux derniers mois de membres de l’UDPS qui ont été victimes d’arrestations illégales ou de disparitions forcées. Au moins quatre des individus présentés à la presse lors de la cérémonie de vendredi figuraient parmi les cas qu’ils avaient  documentés ; jusqu’à ce jour-là, leurs familles ne savaient même pas où leurs proches étaient détenus, ni même s’ils étaient encore en vie, a indiqué Ida Sawyer, Directrice en Charge de l’Afrique Centrale de HRW.

L’organisation regrette que les autorités, lors de la cérémonie du vendredi 28 juillet, n’aient présenté aucune preuve ni explication indiquant comment ou pourquoi Tshimanga et les autres auraient orchestré ces attaques. HRW craint que les charges ne soient sans fondement et ne s’inscrivent dans le cadre d’un effort pour faire taire l’opposition politique et ses partisans. « On craint également que ces accusations ne soient destinées à jeter les bases d’une procédure judiciaire future contre des dirigeants du parti UDPS et d’autres membres », explique Sawyer.

Lors de la cérémonie de la présentation des présumés auteurs des attaques de la prison centrale de Makala, Nzando…, la police a également annoncé qu’elle cherchait d’autres assaillants présumés encore en liberté et qu’une récompense de 2 000 $ US serait versée à quiconque remettrait l’un des suspects en vie, regrette Directrice en Charge de l’Afrique Centrale de HRW.

Parmi les noms cités par la police figurent Rossy Mukendi, un jeune activiste pro-démocratie, membre du collectif 2016 et ancien membre de la ligue des jeunes de l’UDPS. Pourtant, il avait été arrêté le 17 mai 2017 avec 13 autres jeunes activistes qui protestaient contre le mauvais état des routes dans leur quartier de Kinshasa.

Les 13 autres personnes avaient été libérées deux jours plus tard, tandis que Mukendi avait été gardé dans un centre de détention des services de renseignements militaires, sans chef d’accusation et sans accès à sa famille ni à un avocat, jusqu’à ce qu’il soit libéré le 15 juin, signale HRW.

FIDH saisie du cas Rugen Lumenga

La Fédération  Internationale des Ligues des Droits de l’homme(FIDH) et d’autres organisations de défense et de protection des droits de l’homme au niveau de l’Occident ont été saisies du cas Rugen Lumenga orthographié aussi Reagane Lumenga, l’un des présumés auteurs des attaques contre la prison centrale de Makala, le marché central de Kinshasa… présenté par la police.

La FIDH a exigé la libération de Lumenga,  à défaut son transfert à la justice, surtout qu’il accuse des signes de traitements inhumains et de tortures dans une cellule  où il est détenu au secret. Agé de 21 ans, Lumenga  est orphelin de père et de mère. Il n’a pas d’avocat pour suivre son dossier qui est vide, selon la FIDH.

128 arrestations au cours de manifestations à travers Le pays

Les autorités congolaises ont arrêté au moins 128 personnes dans neuf villes à travers le pays, alors que les mouvements citoyens  et les organisations de la société civile, réunies au sein du Collectif d’Actions de Société Civile (CASC), avaient appelé à des manifestations à l’échelle nationale pour protester contre l’annonce que les élections ne se tiendront pas cette année et exiger la publication du calendrier électoral.

HRW précise que les forces de sécurité ont arrêté au moins 57 personnes à Goma, 24 à Kinshasa, 10 à Butembo, huit à Beni, huit à Lubumbashi, sept à Mbandaka, cinq à Kasindi, cinq à Bukavu et quatre à Kindu. Parmi les personnes interpelées figuraient Timothée Mbuya, activiste des droits humains et président de l’organisation non gouvernementale Justicia, ainsi que plusieurs membres du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), des journalistes et d’autres manifestants pacifiques. Au moins 22 des personnes arrêtées ont été libérées.

Source : Media Congo

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