Disparition : Morgan Tsvangirai a tiré sa révérence

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L’adversaire historique du régime de l’ex-président Robert Mugabe est décédé le 14 février, à Johannesburg, à l’âge de 65 ans, des suites d’un cancer du côlon.

« Comme vous le savez, le président de notre MDC, Morgan Tsvangirai, ne se portait pas bien depuis un certain temps. C’est avec tristesse que j’annonce que nous avons perdu notre icône et notre combattant pour la démocratie », a annoncé l’un des vice-présidents du parti, Elias Mudzuri.

Premier ministre de « cohabitation » de 2009 à 2013, le chef du MDC a brigué à trois reprises la présidence. À chaque fois il a échoué, victime de fraudes ou de violences imputées au camp de son rival. Nullement découragé, il voulait tenter sa chance une dernière fois cette année contre Emmerson Mnangagwa, qui a succédé à Robert Mugabe après sa démission en novembre. Malheureusement, il a été emporté par la maladie avant cette tentative, victime d’un cancer du côlon qu’il combattait en Afrique du Sud depuis juin 2016. Il avait déjà été frappé par le destin en 2009. Trois semaines après avoir pris la tête du gouvernement, son épouse Susan était tuée dans un accident de voiture dont lui-même en était sorti blessé.

Lors de toutes ses campagnes, Morgan Tsvangirai s’est présenté comme l’anti-Mugabe. Pourfendeur de la corruption du régime, il voulait aussi rompre avec les pratiques autoritaires de celui qui règne en maître absolu du pays depuis son indépendance en 1980. Poursuivi à plusieurs reprises pour « trahison » ou « complot contre le chef de l’État », l’opposant a fait plusieurs séjours en prison. Mais la justice l’a à chaque fois acquitté, au terme de longs procès. Morgan Tsvangirai affirmait aussi avoir fait l’objet de quatre tentatives d’assassinat.

Du syndicalisme à la politique

Né le 12 mars 1952 dans une famille pauvre de la province orientale de Buhera, Morgan Tsvangirai est contraint de quitter, adolescent, l’école pour gagner sa vie et s’occuper de ses huit frères et sœurs plus jeunes. Il commence à travailler comme tisserand puis devient contremaître.

Arrivé en politique par le syndicalisme, il n’a pas participé à la lutte des années 1970 pour l’indépendance du Zimbabwe, s’attirant le mépris de la génération Mugabe qui fonde sa légitimité sur ses faits d’armes contre l’ancien régime blanc. Chef de la plus importante confédération du Zimbabwe (ZCTU), il acquiert la notoriété en organisant et en conduisant les grandes grèves nationales à la fin des années 1990.

En novembre dernier, Morgan Tsvangirai a surpris en s’affichant publiquement aux côtés d’Emmerson Mnangagwa, le successeur de son vieil ennemi Robert Mugabe. Lors de sa cérémonie d’investiture d’abord, puis en le recevant chez lui. Mais il n’a pas renoncé à dénoncer les ambiguïtés du nouveau maître du pays, serviteur zélé du « camarade Bob ». « Il va devoir travailler très dur pour changer sa personnalité, de façon à pouvoir incarner l’avenir du pays et à se présenter en démocrate et en réformateur », avait-il prévenu.

Le Zimbabwe sera appelé aux urnes cette année à une date qui n’a pas encore été précisée. Au pouvoir depuis la démission forcée de Robert Mugabe en novembre, le nouveau président Emmerson Mnangagwa, investi candidat du parti au pouvoir, la Zanu-PF, fait figure de grand favori pour la présidentielle.

Source : adiac-congo.com

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