Différend frontalier Djibouti-Erythrée : L’ONU exhorte les deux pays à « bâtir la confiance »

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À l’issue d’une réunion demandée par l’Ethiopie, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé le lundi 19 juin Djibouti et l’Erythrée à s’asseoir sur une même table pour régler le différend frontalier qui les oppose, après le retrait du contingent qatari de la région revendiquée par ces pays à leur frontière.

Les deux parties ont été exhortées à « résoudre pacifiquement leur différend frontalier, d’une manière qui soit en accord avec la loi internationale », a confié l’ambassadeur bolivien, Sacha Llorenty, qui occupe en juin la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. C’est après avoir écouté un rapport onusien sur ce différend que le Conseil a lancé cet appel aux dirigeants djiboutiens et érythréens.

Les autorités djiboutiennes accusent l’Erythrée d’avoir profité du retrait du contingent qatari pour occuper une partie de territoire revendiquée par ces pays voisins. Depuis lors, la tension monte d’un cran entre eux.

Dans un communiqué rendu public le 17 juin dernier, l’UA avait fait part de son inquiétude face à cette situation provoquée par la résurgence de ce différend à la suite du retrait des troupes du Qatar déployées en 2010 dans la région disputée. « La commission de l’UA, en étroite consultations avec les autorités djiboutiennes et érythréennes, a entrepris de déployer une mission à la frontière érythréo-djiboutienne pour établir les faits », avait indiqué l’UA. « Le président de la commission se tient à la disposition de Djibouti et de l’Erythrée pour les aider à normaliser leurs relations et promouvoir des relations de bon voisinage », ajoutait l’organisation panafricaine.

Les autorités qataries ont annoncé le retrait de leur contingent suite à la crise qui a éclaté entre le Qatar et l’Arabie Saoudite ainsi que ses alliés, qui l’accusent de soutenir le terrorisme islamiste. Des allégations que le Qatar rejette. Djibouti comme l’Erythrée entretiennent de bonnes relations avec l’Arabie Saoudite et ses alliées des Emirats arabes unis.

Le regain de tension a été surtout observé lorsque le ministre djiboutien des Affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf, a accusé Asmara de « déployer ses forces » dans la région de Doumeira disputée entre les deux pays sur la mer morte. « Djibouti est un pays pacifique et nous donnons la priorité aux solutions diplomatiques. Mais si l’Erythrée persiste dans sa recherche de solutions militaires, Djibouti est prêt à cette éventualité », a-t-il lancé.

L’Erythrée n’a pas réagi directement à ces accusations et autres informations qualifiées de « factuelles et spéculatives ». « Le gouvernement érythréen fera savoir son point de vue quand il aura obtenu des informations complètes sur l’ensemble de cette histoire », a précisé le ministre de l’Information à Asmara.

Les relations entre les deux pays ont quelques fois été tendues. Djibouti et l’Erythrée s’étaient déjà opposés en 1996 et 1999 pour la même zone disputée. Leurs relations s’étaient davantage dégradées en 2008 après une incursion au mois d’avril de troupes érythréennes vers Ras Doumeira, promontoire stratégique surplombant l’entrée de la mer Rouge au nord de la capitale, Djibouti.

Pour tenter de régler leur différend territorial, Djibouti et l’Erythrée avaient signé un accord en juin 2010 sous les auspices du Qatar. Depuis lors, les soldats qataris se trouvaient dans la zone disputée dans l’attente d’un accord final entre ces pays de la Corne de l’Afrique.

 

 

 

Source : adiac-congo.com

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