Diaspora. Tirera Sourakhata: « Le secteur le plus favorable pour un entrepreneur africain en Chine c’est l’export »

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Gigantesque tant par sa taille géographique que par sa population, la Chine attire les entrepreneurs des quatre coins du monde. Qu’ils viennent d’Afrique, d’Europe ou des Etats-Unis, ils continuent de poser leurs valises dans le pays. Tirera Sourakhata, président d’une communauté d’environ trois mille Africains, en fait partie. Cet homme d’affaires d’origine sénégalaise vit en Chine depuis pratiquement seize ans. Il est à la tête de la communauté africaine de Yiwu et travaille comme médiateur  dans la résolution des conflits entre Chinois et étrangers. Nous l’avons rencontré.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Pouvez-vous nous partager votre expérience en tant qu’entrepreneur africain en Chine ?

Tirera Sourakhata (T.S.): Mon aventure a débuté en Afrique, notamment  au Congo et au Gabon, avant de revenir au Sénégal, où j’ai installé mon business et  commencé à faire la navette entre le Sénégal et la Chine. J’y suis allé pour la première fois en 2003. J’ai été impressionné par les opportunités offertes aux entrepreneurs étrangers dans ce pays. À Yiwu, la ville où j’avais atterri, les commodités, notamment les bureaux d’administration qui permettent d’enregistrer facilement les entreprises étrangères et une très grande plate-forme commerciale spécialisée dans l’importation des produits de la Chine vers d’autres pays, m’ont permis de bâtir mon empire. En 2007, j’ai décidé d’y rester plus longtemps que d’habitude,  afin de mieux comprendre le système chinois et rendre mes affaires plus florissantes. C’est ainsi que j’y ai installé, en fin 2008, une unité de production. Aujourd’hui, mon entreprise d’export fait partie des meilleures de Yiwu. Tout autre Africain peut faire pareil et mieux, nous pouvons réussir à faire du business en Chine aussi bien que les Chinois le font dans nos pays.

L.D.B.C.: Quel est le secteur le plus favorable pour un entrepreneur africain dans ce pays ?

T.S. : Sachant que la plupart des produits consommés en Afrique viennent de l’extérieur, l’export est l’un des secteurs favorables pour un entrepreneur africain en Chine.  Si vous venez dans un pays où tout est fabriqué, vous pouvez commencer à les exporter dans le vôtre puis ensuite étendre l’activité en exportant les produits de votre pays vers ce dernier. Pour le cas de la Chine, vous pouvez aussi vous essayer à l’assemblage. Le marché chinois est doté d’un fort potentiel, il ne faut néanmoins pas oublier pour autant les codes du business en Chine, indispensables à la pérennisation d’une activité d’exportation. Une implantation en Chine se prépare donc minutieusement et notamment sur les démarches administratives.

L.D.B.C. : Existe-t-il une plate-forme qui met en relation les entrepreneurs africains qui y sont installés et ceux vivant sur le continent ?

T.S. : Oui, dans les villes chinoises où il y a une forte communauté africaine, il existe des plates-formes ou des associations telles que l’association de la communauté africaine de Yiwu, l’association des africains vivant à Guangzhou et bien d’autres, qui mettent en relation, accueillent et aident les entrepreneurs et commerçants africains à mieux comprendre le climat des affaires en Chine.

L.D.B.C. : Quels sont, selon vous, les opportunités d’affaires et les défis pour l’Afrique dans les relations avec la Chine ?

T.S .: L’esprit entrepreneurial est très développé en Chine avec une économie en hausse, portée par le dynamisme du secteur privé. Le contexte et l’accompagnement pour lancer son entreprise dans ce pays sont favorables : financement, ressources humaines, clientèle, innovation… Il y a deux lignes d’opportunités pour les Etats africains. L’une concerne le poids des investissements chinois en Afrique, et l’autre concerne la capacité de l’Afrique à tirer profit de cette relation avec la Chine. Le plus grand défi se trouve au niveau des commodités  qui permettraient d’exploiter au mieux ces opportunités. La Chine, ce ne sont pas que les infrastructures. Et pour que l’Afrique puisse vraiment bénéficier de ces opportunités, il faut un grand engagement de la part de nos hommes d’Etat. Une stratégie de communication bien ficelée, des échanges entre les hommes d’affaires africains et chinois font partie des rencontres à organiser, afin de baliser le chemin aux commerçants et entrepreneurs africains.

 

 

Légendes et crédits photo : 

Photo:Tirera Sourakhata, lors de l’entretien avec Les Dépêches du Bassin du Congo

Source : http://www.adiac-congo.com/

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