Devoir de mémoire: le sergent Malamine évoqué par le président Macky Sall

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A l’occasion de la cérémonie d’hommage au sergent Malamine Camara, le 29 avril au mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, le président sénégalais, a salué la mémoire de son compatriote qu’il a dit avoir été doté d’un courage à toute épreuve et qui a marqué l’histoire.

Le président sénégalais, se fondant sur l’histoire, a indiqué que l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza s’apprêtait à effectuer sa troisième mission au Congo. Il s’adressa au gouverneur du Sénégal, à Saint Louis, en 1883, pour solliciter la compagnie d’un certain nombre des laptops dont Malamine Camara. Dans le contexte d’exploration coloniale d’alors, le corps des laptops existait déjà depuis 1765 et regroupait des hommes à tout faire, à la fois matelots, soldats, interprètes, dockers et guides.

De son état civil, Malamine Camara est peu connu. L’on sait qu’il est originaire du nord Sénégal, notamment de Fouta-Toro. Il est né à Gorée, en 1850, et décédé à Dakar, en 1886.

Ses missions précédentes le long des côtes sénégambiennes et plus loin au sud au contact du climat sud-guinéen et chaud humide le prédisposaient à l’aventure dans le lointain Bassin du Congo.

Selon le portrait physique que fit de lui Charles de Chavannes, secrétaire particulier de Pierre Savorgnan de Brazza, Malamine était d’une trentaine d’années quand il débarqua au Congo. De type Sahélien, de taille plutôt grande, la démarche alerte et la musculature plutôt sèche. Chavannes résumait son portrait en disant ceci : « Tel était Malamine, les qualités physiques, intellectuelles et morales se complètent, s’harmonisent pour donner un ensemble d’énergie effective de rares valeurs. »

Le sergent Malamine était d’une grande humanité et d’un courage à toute épreuve. Rompu à la tâche, il engagea avec ses hommes la construction des premières maisons à Brazzaville. Il noua des relations conviviales avec le Makoko et d’autres chefs traditionnels. Chasseur émérite, il aimait partager du gibier avec la population locale. Voilà ce qui a pu fonder la confiance entre lui et ses hôtes, dans une dynamique coloniale qui devait plutôt susciter méfiance et antagoniste.

En meneur d’hommes, le sergent Malamine ne se laissait pas faire. Lorsque l’explorateur Henry Morton Stanley envisagea depuis l’autre rive du fleuve de conquérir le territoire du Congo pour le compte du roi des Belges, Léopold II, il se heurta à sa résistance farouche, devenu par la force des choses un fils adoptif du territoire.

Sa courageuse posture face à Stanley n’est guère étonnante. Elle témoigne d’une longue tradition de résistance armée ou pacifique qui caractérise le Sénégal à l’époque de la pénétration coloniale, tradition incarnée par des héros et héroïnes …

Aux prises avec les fréquentes résistances à sa mission de pacification du Sénégal, le gouverneur Louis Fédal dut se résoudre à cette formule lapidaire et édifiante sur l’ardeur de sa tâche, là au moins, il y a des hommes, fut-il. C’est de cette longue tradition de refus que les Forces armées sénégalaises tirent leur devise : « On nous tue, on ne nous déshonore pas ». Et c’est en hommage à cet esprit de bravoure qu’incarnait si bien le sergent Malamine Camara que le Sénégal a immortalisé sa mémoire par une rue et un lycée qui portent son nom.

Légendes et crédits photo : 

Photo : Le président Macky Sall évoquant le sergent Malamine Camara

Source : http://www.adiac-congo.com/

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