Développement : une première initiative africaine pour contrer la démographie galopante

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Après avoir suscité l’intérêt croissant des dirigeants africains et de leurs partenaires au dévelopement, la question démographique a figuré à l’ordre du jour de la réunion des Parlements des pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui ont décidé finalement de limiter les naissances à trois enfants par femmes. Pour beaucoup d’observateurs de la vie africaine, c’est le prélude à un engagement plus significatif de l’ensemble de la région face à un problème souvent éludé. Selon les Nations unies, l’espace Cédéao détient actuellement le record mondial de fécondité avec 5,6 enfants par femme.

L’objectif affiché par les Parlements des pays de la Cédéao est d’arriver à équilibrer le taux de croissance des pays à l’évolution démographique. Il est inutile de rappeler le principe économique qui soutient que le taux de croissance économique doit être supérieur au taux de croissance démographique pour consolider la phase de développement d’un pays. « Quand on a des taux de croissance économique de l’ordre de 5 à 6 % avec un taux de fécondité situé à 6 à 7 %, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée. Dans pareil cas, nous ne pouvons pas espérer de développement », a mis en garde Salif Diallo, président de l’Assemblée nationale Burkinabè. Un pays comme le Niger a atteint le  taux record de fécondité de 7,3 enfants par femme.

La question démographique est d’autant plus stratégique pour l’Afrique que les deux tiers de sa population sont des jeunes pour la plupart au chômage. Au regard de cet enjeu crucial, l’on comprend que les réponses durables contribueront à résorber un certain nombre de phénomènes liés à la pauvreté dont la violence urbaine, la délinquance juvénile, l’immigration clandestine et les enfants de la rue. Les parlementaires devraient inciter leurs gouvernements respectifs à mettre en place des politiques tendant à favoriser l’accès à la planification familiale ou au renforcement de l’éducation chez les femmes.

Bien entendu, cette démarche est loin de satisfaire tout le monde. Des voix montent parmi les experts africains pour dénoncer toute tentative de limitation des naissances dans l’espace Cédéao et en Afrique. Selon les partisans du « non » à cette loi du reste inédite en Afrique (après la Chine avec son enfant unique), la population africaine représente une véritable force de développement car elle est en grande majorité jeune et dynamique. Il faut avoir conscience de cet atout majeur et savoir l’utiliser à bon escient. En l’organisant et surtout en la disciplinant, elle deviendra un moteur de développement pour la région comme c’est le cas en Asie.

Aujourd’hui, l’Afrique de l’Ouest choisit d’affronter le problème de la fécondité africaine au grand jour et sans tabous. La stratégie adoptée est d’arriver à limiter à trois le nombre d’enfants chez une femme d’ici à 2030. Au cours d’une rencontre élargie à d’autres pays africains dont la Mauritanie et le Tchad, la problématique de la démographie galopante a fait l’objet d’intenses discussions. À présent, l’on attend de voir effectivement leurs effets dans les politiques nationales des différents pays qui ont accepté de s’engager dans la voie de la limitation des naissances, un pari visiblement difficile à mettre en oeuvre. Pour rappel, plus de la moitié de la croissance de la population mondiale entre 2013 et 2100 proviendra de huit pays dans le monde : le Nigéria, l’Inde, la Tanzanie, le Niger, l’Ouganda, l’Éthiopie, les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo. L’on estime même que la population de la RDC devrait doubler tous les 25 ans par manque de planification et de gestion démographiques.

Source : adiac-congo.com

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