Des trop « bonnes » preuves et des questions contre Clément Kanku

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Le très sérieux média américain affirme que l’experte des Nations Unies Zaida Catalán, assassinée en mars dernier avec son collègue américain Michael Sharp, détenait un enregistrement audio prouvant l’implication de l’ex-ministre Clément Kanku dans les massacres au Kasaï.

Des documents conservés sur l’ordinateur de Zaida Catalán établissent que cette dernière enquêtait sur le rôle supposé de Clément Kanku dans l’incitation à la violence dans la crise au Kasaï, où l’armée affronte des miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août 2016 dans une opération policière. 

Un enregistrement d’environ 45 secondes parvenu à POLITICO.CD semble également confirmer cette thèse. Deux voix d’hommes, dont une rassemble à celle du député Kanku et nommément désigné « honorable », de son titre de députation », parle en Tshiluba d’une probable attaque Kamuina Nsapu.  Selon New York Times, M. Kanku aurait donc eu des liens étroits avec les combattants de la milice. Ce qui aurait conduit à sa nomination au poste du ministre du Développement par le président Joseph Kabila, dans le but de mettre fin à cette insurrection. 

« Nous avons brûlé Tshimbulu », dit un subordonné. « Il est bon que nous brûlions tout;C’est une bonne nouvelle », répond M. Kanku. « Le colonel est dans sa maison, et nous brûlons la maison afin qu’il brûle jusqu’à la mort« , ajoute le subordonné. M. Kanku demande: « Avez-vous tué les gardes du corps du colonel? » « Oui, nous battons ses gardes du corps sur la tête avec nos matraques« , répond le subordonné.

Néanmoins, si les évidences de l’implication du président du Mouvement du renouveau (MR) semblent peu réfutables, l’enregistrement laisse ici place à des interrogations. D’abord: qui a enregistré la conversation? Pourquoi maintenant? Et, surtout, comment l’experte des Nations Unies en est-elle entrée en procession?  Par ailleurs, si l’enregistrement n’a pas été effectué pas les deux correspondants, à savoir le député congolais Clément Kanku et son correspondant, il risque de ne pas être recevable en cas d’un procès.

En effet, dans pareil situation, cela prouve que le député congolais où son interlocuteur était sur écoute, et donc en violation de leur intimité. Sauf, bien sûr, si un juge avait préalablement autorité cette initiative. Ce qui semble peu plausible. L’autre question: quelle juridiction autre que congolaise pourrait autoriser des écoutes dans le cadre d’un procès ? La recevabilité de cet enregistrement est en soi une question qui en cache une autre plus insidieuse: à qui profite la dénonciation maintenant de Clément Kanku ?

Source : Politico CD

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