Des prévenus reconnaissent leurs images mais nient leurs aveux

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Les vidéos d’audition des présumés commandants en chef et meneurs des attaques perpétrées en 2017 à Kinshasa par le mouvement terroriste Kamwina Nsapu, ont été projetées à l’écran à l’audience d’hier mardi 21 août. Aussi paradoxal que puissent paraître les faits, les prévenus ont reconnus leurs propres images et refusé en même temps de porter la paternité des propos débités sur ledites vidéos.

De Bakenga Mutangila Ferdinand, le présumé principal féticheur et exportateur du mouvement terroriste Kamwina Nsapu à Kinshasa, à Ben Tshimanga, considéré comme l’un des commandants en chef de ladite bande, la réaction est la même.

Dénudés une fois de plus par leurs propres déclarations enregistrées discrètement à l’aide d’une caméra cachée, des prévenus crient au montage du Ministère public. Ils affirment que les déclarations faites devant les OPJ et les magistrats du Ministère public leur ont été communiquées à l’avance. Sans brandir des preuves contraires, ces accusés rapportent qu’il y a eu un tableau blanc dans la salle d’audition où ils pouvaient lire tous les propos tenus.

PRENDRE LE POUVOIR PAR LA FORCE

Dans la première vidéo projetée, le prévenu Bakenga Mutangilayi Ferdinand a, dans un air détendu, expliqué la genèse du mouvement terroriste Kamwina Nsapu au Kasaï et les contours des attaques qui ont eu lieu entre mai et juillet 2017 à Kinshasa.

Il a reconnu dans cette vidéo avoir été investi des pouvoirs mystiques personnellement par le grand chef coutumier Jean-Pierre Pandji. Bakenga a affirmé avoir recruté par la suite plusieurs autres miliciens, qu’il a scarifiés par la suite, avant de planifier les attaques, voire de les piloter à Kananga comme à Kinshasa. Ce, explique-t-il, dans l’objectif de prendre le pouvoir par la force en renversant les institutions légalement établies.

La video renseigne qu’avant de clore son audition, le prévenu a demandé pardon aux autorités du pays, principalement au président de la République Joseph Kabila. Lugeni Lumengi Reagan a, dans sa vidéo, affirmé avoir été recruté par Christian Mukadi et Ben Tshimanga. La motivation première en intégrant ce mouvement, a-t-il précisé, fut de protester contre le non respect de l’Accord politique de la saint sylvestre.

ATTAQUE DE LA MAISON COMMUNALE DE KALAMU

Tudiakwila Roger dit Alias Bingo a étonné le tribunal en niant sa propre voix. Même réaction pour le prévenu Bakajika Mulenda Jackson. Ces derniers ont, cependant, relaté les circonstances de leur recrutement à Kikwit, en provenance de Kananga. Ils rappellent qu’ils ont été enrégimentés en renforcement des effectifs de la bande après que Bakenga a été maîtrisé par les forces de l’ordre.

Les assaillants nouvellement enrôlés vont étaler leurs premières prouesses lors de l’attaque de la Maison communale de Kalamu, en participant activement à la tuerie du garde de corps du bourgmestre de ladite municipalité.

La dernière vidéo projetée à l’audience d’hier a été celle de la prévenue Kapinga Fatou. Cette dernière a affirmé avoir été sacrifiée par Mputu Ali, après avoir été sélectionnée par Isaac Kabupwe. Kapinga a, dans cette même séquence filmique, expliqué le rôle joué lors de différentes attaques en hypnotisant les forces de sécurité grâce une poudre magique et quelques autres rituels.

APPEL À L’INTIME CONVICTION DU JUGE

« Les prévenus peuvent continuer à tout nier. C’’est leur droit le plus légitime. Curieusement, ce qu’ils disent dans les images est in extenso conforme aux déclarations contenues dans les PV. On y voit des gens qui prétendaient avoir fait des déclarations sous torture répondre en toute aisance. En ce qui nous concerne, nous sommes très à l’aise », a déclaré Me Lunda Banza, avocat de la partie civile RDC.

Quoiqu’évocatrices, les vidéos projetées à l’instruction d’hier n’ont pas suffi à convaincre les avocats de la défense. Ils fustigent les circonstances dans lesquelles leurs clients ont été auditionnés. « je mettrai quiconque au défi à l’audience prochaine. Nous démontrerons que cette procédure d’audition n’existe pas en droit congolais », a réagi Me Richard Ngoy, avocat de la défense.

Source: http://www.mediacongo.net/

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